
En phase terminale, Diana se livre sur les difficultés de son quotidien et ses élans de vie dans un documentaire. | Ligue vaudoise contre le cancer
Le 29 août 2020, le diagnostic tombe: cancer du sein. Diana est alors enceinte de sa deuxième fille. S’ensuit une grossesse hautement surveillée et médicalisée, sous chimiothérapie, avant d’enchaîner avec une mastectomie et une opération reconstructive. Alors qu’elle remonte la pente et reprend le cours d’une vie «normale», des migraines la clouent au lit.
Le 8 février 2023, son oncologue lui explique que les métastases ont migré vers son cerveau. Diana a contracté une carcinose leptoméningée, une forme cancéreuse très rare. Le constat est sans appel: sans traitement, elle n’a que quelques semaines à vivre, et dans le meilleur des cas, il ne lui reste qu’une année.
Attablée sur une terrasse proche du lac, la pétillance de Diana contraste avec son récit de vie. À 41 ans, cela fait deux ans qu’elle suit une double chimiothérapie. Envers et contre tout, cette maman de deux filles est toujours là. «Je sais que je ne vais pas guérir, mais tant qu’il y a de l’espoir, il y a de la vie! Tout peut tourner d’un moment à l’autre, alors je profite de chaque instant.»
Un film comme thérapie
Jalonné de difficultés, le parcours de Diana est aussi rythmé de moments de grâce. «Dans ma vie d’avant, je n’étais pas vraiment présente, mentalement, ni pour mes enfants ni pour mes proches. Je passais à côté de beaucoup de choses. Ce film est une chance de pouvoir partager mon témoignage, afin d’aider d’autres personnes.»
En phase «terminale», Diana se livre sur les difficultés de son quotidien et ses élans de vie dans un documentaire chapeauté par la Ligue vaudoise contre le cancer. Derrière la caméra, menant les entretiens, se trouve Chantal Diserens, directrice de la fondation et instigatrice du film. «Il est important de donner la parole à ceux qu’on entend moins, explique-t-elle. Si des malades parviennent à rebondir et que la médecine progresse, tout le monde ne guérit pas.»
«Si je souhaite laisser une image positive, tout n’est pas simple. Le fait de pouvoir en parler m’a beaucoup aidée, rebondit Diana. Ce tournage a permis de libérer des émotions que je gardais en moi et de prendre du recul sur ma situation.»
Parole aux proches
Filmé durant une petite année, ce documentaire montre Diana «dans tout ce qu’elle est, car elle ne se limite pas à la maladie», nous explique la réalisatrice Jeanne Gerster. Bien entourée, ce long-métrage donne aussi la parole aux proches et proches aidants de la jeune femme.
«Ces personnes sont trop souvent relayées en arrière-plan, alors qu’elles sont tout autant touchées par la maladie», atteste Diana. «Il est important de reconnaître le vécu de tous les proches qui l’aident au quotidien», confirme Chantal Diserens.
«Tant qu’il y a de l’espoir, il y a de la vie» : Avant-première complète à Vevey le 17 septembre. Autres séances prévues le 26 octobre à Ste-Croix, et le 29 octobre à Cossonay.
Entrée libre, sur inscription: www.lvc.ch
