
Pierre-Antoine Hiroz a été honoré par le FIFAD pour l’ensemble de sa carrière. En 40 ans, il a réalisé nombre de films, fictions et documentaires consacrés à la montagne, dont plusieurs ont été récompensés. | J. -B. Sieber
Pierre-Antoine Hiroz n’est pas un inconnu au Festival international du film alpin (FIFAD) des Diablerets. En 40 ans, le Valaisan du Levron a enchaîné les films (comme «L’écume des cimes», portrait d’Erhard Loretan), les fictions (citons «Premier de cordée» et «L’enfant et les loups») et les documentaires («Secours en montagne», «Profession guide», etc.). De même, il a accumulé les distinctions, auxquelles s’est ajouté mercredi dernier le Mérite alpin du FIFAD, pour l’ensemble de sa carrière.
Pierre-Antoine Hiroz, votre relation au FIFAD ne date pas d’hier: votre premier film avait été récompensé en 1985.
– En effet. Il s’agissait d’un film sur mon frère trisomique qui faisait de la montagne et du ski. Le thème avait un peu surpris, on traitait peu du handicap, mais je l’avais été tout autant en voyant le bon accueil du public.
Près de 40 ans plus tard, comment avez-vous vu évoluer ce festival?
– À l’époque, c’était bien plus amateur, avec moins de films, l’organisation était moins léchée qu’aujourd’hui. C’était surtout un public d’alpinistes et de montagnards. Aujourd’hui, il est bien plus large. La montagne a évolué et la production avec elle: nouvelle approche, nouveaux sports, nouvelles images, nouveaux acteurs.
Avec ce mérite, la boucle est bouclée, non?
– On peut dire ça. J’ai reçu plusieurs fois des prix ici. En 40 ans, une histoire s’est construite. J’ai fait beaucoup de portraits, des fictions, des téléfilms. J’ai besoin de montrer comment la montagne nous nourrit et de montrer ses deux facettes: celles des gens qui la pratiquent occasionnellement et ceux qui la vivent au quotidien. Autrement dit, ceux qui passent et ceux qui restent.
Vous avez aussi une relation particulière avec Benoît Aymon, directeur du FIFAD.
– Nous avons travaillé sur les premiers «Passe-moi les jumelles» et sur des séries consacrées à la marche.
Et quel regard portez-vous sur toute cette production de films de montagne?
– Ce qui a souvent pêché par le passé, c’est l’aspect narratif. Les films de glisse, c’étaient souvent des belles images et de la musique, idem pour les films d’expédition. Maintenant, on nous raconte de vraies histoires. Des belles images, tout le monde peut en faire avec les outils qu’on a. Mais toucher les gens, ce n’est pas gagné d’avance.
Vous avez été l’un des premiers guides de montagne de Suisse. Vous l’êtes toujours?
– Oui, mais plus de façon classique, pas avec des clients que j’emmène au sommet. Quoique, en tant que réalisateur, c’est un peu ce que je fais quand même. L’avantage avec les films, c’est qu’on touche plus de monde.
Vos prochains projets?
– J’en ai un dans le val de Bagnes et un téléfilm dans le Mercantour. Et avec la RTS, je continue avec des docus sur la marche. Il y a toujours des histoires à raconter, la montagne est une source infinie, bien que cela prenne plus de temps à financer. Cela fait peur aux producteurs. La montagne est un environnement imprévisible. Il faut toujours un peu plus de persévérance. Comme pour gravir un sommet.
