
Dans la foulée de sa participation à l’Eurovision à la mi-mai, Veronica Fusaro chantera à l’Aigl’In Music le 5 juin. | N. Sandmeier
Si Veronica Fusaro remporte le 70e Concours Eurovision en mai prochain, elle pourra étrenner sa couronne dans la foulée à Aigle le 5 juin! On peut en rêver. Les organisateurs de l’Aigl’in Music ont eu fin nez en faisant signer l’an dernier déjà la chanteuse helvético-italienne pour leur 12e édition (lire ci-contre), sa seule date romande pour l’heure qui plus est.
La native de Thoune, qui a fêté ses 29 ans la semaine dernière, est en effet sous les feux de la rampe depuis janvier et l’annonce selon laquelle elle représentera la Suisse au grand raout continental (du 12 au 16 mai à Vienne). Coup de fil entre deux concerts en Allemagne.
La troisième tentative pour participer à l’Eurovision aura été la bonne! Vous êtes une grande fan?
– J’ai même essayé quatre fois, la première en 2019, mais c’est la troisième où je finis dans le top 5. J’ai grandi en regardant l’Eurovision avec la famille, sans être obsédée par ça, mais j’ai toujours été fascinée de comment la musique peut toucher les gens. L’Eurovision est une opportunité géante de faire connaître ma musique.
La scène, les plateaux télé, vous commencez à avoir l’habitude, mais la perspective de 170 millions de téléspectateurs, ça fait quand même stresser?
– Pour l’heure, je n’arrive même pas à me représenter cette masse de gens! Mais la nervosité va arriver quand j’irai sur scène, même si j’ai l’expérience et le mental nécessaires.
Parlez-nous d’«Alice», la chanson que vous interpréterez à Vienne.
– Elle raconte l’histoire d’une femme qui essaie de vivre sa liberté, mais qui n’est pas respectée, une des nombreuses histoires de violence faite aux femmes. Ce n’est jamais elle qui parle, comme si on lui volait son droit à le faire. Au début, les mots semblent gentils et chaleureux, mais au fil de la chanson, on glisse vers quelque chose de plus malsain.
C’est la chanson qu’on vous réclame le plus en concert?
– Oui, en ce moment, elle est vraiment dans le spotlight. En l’interprétant, je me sens bien. J’éprouve un sentiment vraiment très spécial et le public le sent.
C’était votre choix pour l’Eurovision?
– J’ai proposé plusieurs chansons de mon dernier album «Looking for connection», celles que je sens le plus dans mon cœur et dans mon corps, et le jury a fait son choix.
Vos influences, votre style?
– Je propose de l’alternative pop, avec des influences rock et soul. Je suis fan d’Amy Winehouse, Aretha Franklin, j’ai grandi avec Vasco Rossi… Mon style a évolué, d’abord très R&B contemporain, ensuite plus électronique, plus rock, mais toujours pop.
Vous êtes quadrilingue. Chantez-vous aussi en italien et en allemand?
– Des reprises seulement. J’ai essayé d’écrire, mais je n’ai pas trouvé très concluant. J’ai trop l’habitude de l’anglais.
Chanteuse, c’était votre rêve de gosse?
– Je voulais soit être joueuse de foot pro pour revêtir le maillot de la Squadra azzurra – et merci de ne pas me lancer sur la non-qualification à la prochaine Coupe du monde! – soit rockstar. Mais le foot, ça n’a pas vraiment été ça (rires).
L’Aigl’in Music reste fidèle à ses deux principes majeurs: une programmation 100% suisse et 100% gratuite. Elle a, par contre, dû anticiper ses dates d’une semaine pour éviter la concurrence du premier match de l’équipe de Suisse à la Coupe du monde de football. Grosse première soirée, le vendredi 5 juin dans la cour du collège de la Grande-Eau, avec les Genevois de Sahel (19h), Veronica Fusaro (20h30) et Bastian Baker (22h), suivis des Vaudois de Bounds of Silence (23h30). Le lendemain, on reprend dès 17h30 avec Metallikids (FR), le «coup de cœur Tremplin Suisse» Heylo (VD) à 19h, puis la Saint-Galloise Joya Marleen (20h30), les Valaisans de KT Gorique (22h) et, pour conclure dès 23h30, The Red Fires (VD). Plus d’infos:
www.aiglinmusic.ch
