
Jean Scarcella a annoncé jeudi renoncer à son poste de père abbé de l’Abbaye de Saint-Maurice. Cela intervient au lendemain de la publication des conclusions accablantes du rapport indépendant Aubert, du nom du magistrat neuchâtelois à qui l’abbaye agaunoise avait confié le soin de fouiller ses archives et d’auditionner des témoins sur d’éventuels abus.
Le Prieur Simone Previte assurera l’intérim et préparera le terrain à l’élection d’un successeur «avant la fin du mois de septembre». Le nouveau père abbé aura la délicate tâche de mettre en œuvre le plan d’actions que l’Abbaye a promis de mener pour prévenir à l’avenir tout type d’abus et mieux entendre et accompagner les victimes éventuelles.
Selon toute vraisemblance, l’Abbaye, «qui demande pardon aux victimes», entend ainsi tourner une page sombre et repartir sur de nouvelles bases, même si Mgr Scarcella a déclaré «être arrivé, de son propre gré et en toute liberté d’esprit, à la conclusion qu’il devait renoncer à la charge».
Celui qui avait été nommé en 2015 s’était mis en retrait une première fois à l’automne 2023 après les révélations de l’émission «Mise au Point» de la RTS sur des cas d’abus, point de départ d’une déferlante médiatique. Jean Scarcella était lui-même mis en cause dans une situation. La justice ayant clos le dossier, il avait repris ses fonctions l’automne dernier, non sans essuyer des critiques.
Pour rappel, sur un demi-siècle, le rapport Aubert (voir édition 209, 25 juin 2025) a recensé 67 situations de «violences sexuelles avérées» ayant touché «au moins 68 personnes», dont 57 mineures au moment des faits, allant des gestes ou de paroles impliquant des sous-entendus sexuels aux attouchements, séances de photographies ambiguës, actes d’exhibitionnisme, et même de viol et d’avortement forcé dans une mission au Congo.
