
Âgé de 19 ans, Matteo Da Silva défend les couleurs de la Suisse U19 aux Mondiaux à Lausanne (jusqu’au 6 juillet). | Swiss Basketball
Matteo Da Silva, participer à un tel tournoi, qu’est-ce que cela représente pour vous ?
– C’est un grand honneur. Pour moi, mais aussi pour toute une génération. Ça n’arrive pas tous les jours. La Suisse y participe pour la première fois et j’espère que ce ne sera pas la dernière. On y côtoie les meilleures équipes du monde.
Qui sont les favoris selon vous ?
– Les Américains bien sûr. La plupart d’entre eux évoluent en première division universitaire, la porte d’entrée de la NBA. Et puis il y a aussi les Français et les Allemands.
Vous vous attendiez à figurer parmi les douze sélectionnés ?
– J’ai beaucoup travaillé pour y arriver. L’entraîneur (ndlr: le Croate Ivan Rudež) avait le choix entre des joueurs nés entre 2006 et 2008 ce qui a rendu la concurrence très vive. Les matches amicaux se sont bien passés pour moi. Et maintenant, je suis là. C’est incroyable!
Quel est votre poste ?
– Avec mes 1 m 80, je suis le plus petit de l’équipe et j’évolue comme meneur de jeu.
Comment l’équipe s’est‑elle préparée pour ce Mondial à domicile ?
– Nous avons fait un camp d’entraînement d’un mois avec plusieurs séjours à l’étranger. On est une vraie équipe de copains, on se connait pour la plupart depuis l’âge de 15 ans et les premières sélections en équipes nationales. Et l’entraîneur joue un rôle très important. Exigeant, il sait nous motiver et nous tirer vers le haut. Ça bosse très dur avec lui.
Que pouvez-vous espérer dans ce tournoi ?
– Dans notre groupe, Israël est clairement favori (ndlr: défaite de la Suisse contre cette équipe 77-102 samedi). Nous allons faire de notre mieux, en comptant bien sûr sur notre public. Je sais que plusieurs soirées affichent complet et c’est fantastique.
Chez nous, le basket est surtout populaire de ce côté-ci de la Sarine. Les Romands sont-ils majoritaires dans votre formation, comme dans l’équipe A ?
– Oui clairement. Il y a plusieurs Genevois, mais aussi un Tessinois. La moitié des joueurs évoluent déjà à l’étranger, un en France, un en Espagne mais surtout quatre aux États-Unis: trois en première division universitaire et un autre au niveau du collège.
Après le Montheysan Kyshawn George, le Fribourgeois Konan Niederhauser vient, à 21 ans, d’être drafté par une équipe de NBA, les Clippers de Los Angeles. De quoi vous donner envie ?
– Partir aux États-Unis, jouer un jour en NBA est le rêve de tout basketteur. Mais pour l’heure, ma priorité est de finir mes études au gymnase, de passer mon diplôme, et après tout sera ouvert.
En championnat, vous jouez en LNB avec l’équipe du Centre national du basketball Suisse, qui regroupe à Lausanne les plus grands espoirs du pays. Comment se passe votre vie sur place ?
– J’y suis depuis deux ans et demi et nous sommes douze à vivre dans un internat. Le premier entraînement a lieu tous les jours à 6h du matin, on étudie ensuite la journée à l’École Nouvelle de la Suisse Romande, puis on s’entraîne à nouveau à 17h. On est comme des pros et ça me plait beaucoup. La saison prochaine, nous allons nous installer à Macolin.
Juste avant vous, l’équipe féminine a participé à L’Euro pour la première fois depuis près de 70 ans. Signe que le basket suisse est en progrès ?
– Oui, les jeunes générations sont de plus en plus ambitieuses. La fédération travaille avec beaucoup de sérieux. Nous bénéficions d’excellentes infrastructures. Ceux avant nous n’ont malheureusement pas eu cette chance.
Da Silva, votre nom a une consonance portugaise, ce pays où le football est roi. Pourquoi avoir choisi le basket ?
– Mon père est portugais, ma mère franco-suisse. C’est notre oncle qui nous a transmis le virus à Robin, mon frère aîné, et moi. Il jouait avec le BBC Agaune, le club de Saint-Maurice. On allait voir ses matches, il nous emmenait jouer avec lui. J’avais 5 ans quand j’ai commencé le basket et je n’ai plus jamais arrêté. Robin quant à lui évolue aujourd’hui avec le BBC Monthey.
Qu’aimez-vous dans ce sport ?
– La discipline, la concentration et les qualités physiques qu’exige le basket.
Vous avez un joueur préféré ?
– Mike James, l’Américain de l’AS Monaco, l’un des meilleurs scoreurs de la ligue. Il est très spectaculaire.
