La Commune obtient son feu vert pour racheter des vignes

Blonay-Saint-Légier
Malgré quelques voix discordantes, le Conseil communal a soutenu la Municipalité dans son choix d’acquérir une parcelle privée de 14’000 m².

Une Commune doit-elle racheter des parcelles de vigne? À l’heure où des pans entiers de vignobles sont arrachés en Suisse romande, cette délicate question a été débattue mardi dernier par le Conseil communal de Blonay-Saint-Légier.

Les élus devaient se prononcer sur un crédit de 220’000 francs pour l’achat d’un hectare et demi de surfaces viticoles privées situées «En Grandchamp», aux abords de l’A9 (voir édition 245, 18 mars 2026).

«Les collectivités ne doivent pas se substituer à la branche, a amorcé le PLR Mathieu Balsiger. Ce n’est pas à une Commune d’acheter un terrain viticole en offrant des montants qui sont un peu plus élevés que le prix licite. Cela induit de l’inflation.» On précisera que le terrain a été négocié à 18 francs le mètre carré, alors que les prix du marché actuel oscillent entre 15 et 25 francs.

Un avis partagé par son collègue de parti Yvan Kohli. «À ce prix, la Commune entre en concurrence directe avec des vignerons locaux pour l’accès au foncier. Là où le viticulteur achète des terres pour produire et vivre, elle le fait à titre patrimonial sans pression de rentabilité.»

Pas de vigneron pour racheter

La Municipalité ne s’en est jamais cachée: le but de l’opération est surtout d’empêcher que ces parcelles, bien situées et facilement mécanisables, ne tombent dans l’escarcelle de la promotion immobilière. Quatre acheteurs se sont d’ailleurs présentés lors de leur mise en vente. Aucun d’entre eux n’est issu de la branche. «Il est fort possible que dans 50 ans, ces terrains soient beaucoup plus utiles pour la collectivité que pour des gens qui veulent faire du bénéfice», a appuyé l’élu socialiste Claude Schwab.

Un aspect qui a visiblement pesé dans la balance. Lors du vote, les élus ont accepté par 57 oui, 7 non et 5 abstentions le rachat de ces 14’000 m² plantés de Chasselas et de Gamaret.    

Arrachage en vue

Ces parcelles appartenaient jusqu’alors à une coopératrice de la Cave Montreux Riviera. La Commune étant également membre de cette dernière, le raisin issu de ces surfaces continuera d’approvisionner la coopérative.

À terme, une partie des ceps devraient être arrachés pour être remplacés par d’autres cépages. «La Cave y est ouverte», a indiqué Gérald Gygli, municipal chargé du dossier. «Du Chasselas, il s’en boit un peu moins, a relevé l’édile PLR. Il y a d’autres cépages qui ont le vent en poupe.»