«La curiosité est le moteur de mon travail»

Le photographe Michel Roggo dans son élément dans le Pantanal, la plus vaste zone humide de la planète située en Amérique du Sud.  | DR

Fête de la Nature
Insatiable explorateur des mondes subaquatiques en eau douce, le photographe naturaliste Michel Roggo, 74 ans, partagera son «Fabuleux voyage dans les eaux du Léman et de la planète» lors d’une conférence à Clarens le 21 mai.

Plus de 150 voyages sur tous les continents, plus de 26’000 photographies publiées par des magazines comme Geo, BBC Wildlife, Paris Match ou L’Illustré, des expositions et des conférences partout dans le monde, une vingtaine de livres, et plusieurs prix venus couronner son travail. Depuis une quarantaine d’années, le Fribourgeois Michel Roggo immerge son objectif dans les eaux douces pour capturer la beauté des paysages aquatiques et de leurs hôtes. Une fabuleuse aventure qu’il partagera avec le public dans le cadre de la 15e édition de la Fête de la Nature, invité par la Commune de Montreux.

«Je raconterai des histoires en lien avec mon travail d’abord autour de la planète, puis dans des lacs et rivières de Suisse. Mais lors de mes conférences, je laisse surtout parler les images», résume le photographe, attablé au café des Arcades dans le quartier de la Cathédrale à Fribourg, à quelques pas de son atelier. Il est un peu fatigué ce matin, ayant travaillé un peu trop tard la veille, s’excuse-t-il, avant d’évoquer avec enthousiasme son projet en préparation pour 2027 au Musée d’histoire naturelle. Ce sera la dernière exposition dans l’ancien bâtiment avant son déménagement, et il disposera d’un espace vide avec trois écrans pour des projections vidéo. «J’ai moins l’expérience des films, alors j’apprends. Le manuel fait plus de 4’000 pages et je me réjouis d’explorer toutes les possibilités.»

Fondue en Sibérie

Observer, découvrir, apprendre de nouvelles choses, bricoler des équipements techniques au service de sa quête, Michel Roggo ne s’en lasse pas et garde une capacité d’émerveillement intacte. «La curiosité est le moteur de mon travail. Je suis resté un enfant sur ce plan-là», sourit celui qui est aussi un adepte de la pêche à la mouche.

Quand a-t-il ouvert grand les yeux sur la nature la première fois? «Déjà gamin, j’étais toujours dehors et au bord de l’eau. On avait une vie très simple, il fallait se débrouiller par soi-même, et ça, j’en profite encore aujourd’hui.» D’abord enseignant et peintre à ses heures, l’homme a découvert la photographie à l’âge de 30 ans. 

Longtemps, il utilisait uniquement un système de perche avec déclenchement à distance, sans entrer lui-même dans l’eau, pour ne pas porter atteinte aux milieux, et éviter aussi de se mettre en danger face aux crocodiles amazoniens ou aux ours du Kamtchatka. Puis, à 62 ans, il s’est initié à la plongée sous-marine, «pour pouvoir plonger dans le lac Baïkal, en Sibérie, où j’avais été invité par des Russes. Nous avons ensuite partagé une fondue sur place».

Des perches par milliers

Quand on lui demande quel moment en eaux suisses l’a particulièrement marqué, il évoque sans trop hésiter une extraordinaire rencontre dans le Léman. «C’était une exploration à plus de 70 mètres de fond, j’avais donc acquis et adapté un robot sous-marin. Lorsque je l’ai fait remonter, il s’est tout à coup retrouvé au milieu de milliers de perches, cela pendant une vingtaine de minutes. C’était un spectacle absolument incroyable.»

«Durant mes voyages, j’ai vu la planète dans sa plus grande beauté, mais aussi la rapidité phénoménale des changements liés au climat et aux actions humaines, comme la fonte des icebergs et la disparition des insectes aquatiques», s’attriste-t-il. Si son travail ne s’inscrit pas dans une démarche militante, il compte sur la beauté et la force des images pour contribuer à sensibiliser le public et les décideurs politiques à la fragilité des milieux naturels et à l’importance de les préserver. 

 

Plus d’infos:

Conférence le jeudi 21 mai à 18h45 à la salle omnisports du Pierrier à Clarens

Ouvrir grand les yeux

Du 20 au 25 mai, la Fête de la Nature invite à «ouvrir grand les yeux» sur notre environnement naturel, avec plus de 300 activités gratuites en Suisse romande, certaines sur inscription. Aperçu dans nos régions:

Les Paccots (20 mai): Sentier pieds nus, contes au vert, le monde des abeilles, méditation dans la nature, fabrication d’une camera oscura, le monde des insectes.

Châtel-Saint-Denis (23-24 mai): «Dans les pas du Dr Bach» .

Granges (23 mai): Immersion en forêt.

Saint-Légier (23 mai): Visite de la microferme La Rocambole.

Vevey: «Regards sur le jardin de l’observatoire» (23 mai), «Le jardin cache des trésors» (24 mai).

La Tour-de-Peilz (24 mai): «À la découverte des libellules»

Les Avants: Découverte des narcisses (20 mai) et des papillons de nuit (22 mai)

Aigle (20 mai): «Des glaciers à la vigne»

Bex: Observation de la nature et forêt de Cergnement (23 mai), arbres habitats et pâturages boisés (24 mai)

Infos et inscriptions: fetedelanature.ch

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