L’action poétique pour sensibiliser à Gaza

Chaque jeudi, des poèmes gazaouis sont déclamés à la librairie La Fontaine. Une lecture pour «dénoncer et sensibiliser».  | G. Desarzens

Vevey
Depuis début juillet, la librairie La Fontaine propose des lectures de poèmes gazaouis tous les jeudis. Un rendez-vous pour offrir une autre forme de témoignage.

«Si je dois mourir, que ma mort soit porteuse d’espoir et qu’elle devienne une histoire.» Le poème de Refaat Alareer – tué le 6 décembre 2023 par l’armée israélienne – duquel ces vers sont tirés, ouvre le recueil de poèmes gazaouis d’Abdellatif Laâbi et Yassin Adnan. «L’anthologie», publiée en 2025 chez Point Poésie, réunit 26 voix locales. Le jeudi 7 août dernier, les vers de Hamed Ashour, jeune auteur de 31 ans, étaient également lus à la librairie La Fontaine à Vevey.  Un moment de sérénité, court mais solennel.

Ces lectures de poèmes gazaouis ont été lancées par Raphaël Despland, de l’Association La Cour de l’Avenir, en collaboration avec la librairie veveysanne. Elles s’inscrivent dans la lignée de l’affaire Aslı Erdoğan, une autrice turque dont l’emprisonnement, en 2016, avait suscité une vague d’indignation et encouragé les libraires romands à lire des passages de ses œuvres. Pour Gaza, il s’agit donc de protester pacifiquement contre le «génocide» en cours, selon Raphaël Despland.

La douceur pour traiter la violence

«La littérature apporte une ouverture sur l’empathie», affirme Pablo Thuler, gérant de l’enseigne veveysanne. Et la libraire Clémence Praz de poursuivre: «C’est une manière douce de traiter un sujet violent. La lecture est une arme pour dénoncer et sensibiliser, un contrepoint aux images chocs médiatisées du conflit.»

Les poèmes sélectionnés traitent de la vie en temps de guerre et des conséquences sur le peuple. Une manière de se demander quelles seront les séquelles de ce conflit. Selon Raphaël Despland, l’action politique – et poétique – nous met au défi pour «préserver notre humanité commune et agir face à l’extermination des populations gazaouies et palestiniennes». Et cela, en organisant des moments de partage et en «relayant des voix invisibilisées dans les discours dominants», conclut-il.

«Lectures. Un poème pour Gaza»: tous les jeudis à 17h à la librairie La Fontaine, rue du Lac 47, Vevey.

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