Prayon assoit son leadership européen depuis le Chablais

La nouvelle unité de production de Prayon prendra place sur ce terrain situé en zone industrielle à l’entrée du village de Bex. | Prayon

Bex
Le groupe belge investira d’ici à 2028 dans une nouvelle unité visant à doubler sa production d’acide phosphorique pour puces électroniques.

C’est un développement tel que le site de Bex, sis à l’entrée de la zone industrielle côté Aigle, n’en avait pas connu depuis la naissance de ce qui était alors la Fonte électrique, voici plus d’un siècle, en 1917. En devenant actionnaire majoritaire de Febex en janvier 2023, le groupe belge Prayon – dont le pôle bellerin a officiellement pris le nom en avril 2024 – s’était déjà imposé comme le leader européen de l’acide phosphorique de haute pureté à destination du marché de l’électronique. 

D’ici à 2028, le groupe, qui possède des sites de production en Belgique, en France, aux États-Unis et donc en Suisse, s’apprête à asseoir sa position en investissant dans la construction d’une nouvelle unité visant, à terme, à doubler sa production. 

Thierry Martenet, qui après 25 ans sur le site de Bex en a repris la direction au 1er janvier dernier, parle d’un investissement de «plusieurs dizaines de millions de francs» et d’une capacité de «quelques milliers de tonnes» d’acide phosphorique. «Le dossier technique de la nouvelle unité de production est en cours de rédaction, poursuit le directeur. L’idée est de pouvoir démarrer les travaux en 2026. Nous prévoyons de produire les premières tonnes d’ici à la fin 2028.» 

Réduire la dépendance vis-à-vis de l’Asie

CEO du groupe belge, Geoffrey Close estime que ce développement «contribuera à assurer le leadership de Prayon en Europe tout en renforçant (sa) position pour répondre à la demande croissante aux États-Unis.» «La demande commerciale va augmenter ces prochaines années, abonde Thierry Martenet, soulignant que la tendance est à un retour d’une production de circuits imprimés en Europe et aux États-Unis. «Avec la pandémie de Covid, l’Europe a connu une pénurie de semi-conducteurs, ce qui a notamment retardé certaines livraisons d’automobiles. Vouloir construire de nouvelles unités de production en Europe et aux États-Unis permet de ne plus dépendre uniquement de l’Asie.» 

«Je me réjouis que Prayon investisse à Bex», a réagi le syndic de Bex Alberto Cherubini, parlant d’«un signal très positif pour le développement économique» de la commune.