
Deux sur deux. Après Swiss Central Basket, les Veveysans remportent une seconde victoire: 60-47 contre Boncourt. | A. Capel
Même si son lancement suscite une vive controverse, la nouvelle équipe de Vevey, baptisée VRB/ULRB Riviera Basket 1952 a réussi un départ en fanfare dans le championnat de LNB. Après avoir étrillé Swiss Central à Lucerne (77-96), les Veveysans ont dominé Boncourt 60-47, dimanche dans ce qui était leur première aux Galeries du Rivage.
Dans une ambiance bon enfant, devant quelques centaines de spectateurs et des enfants qui n’ont cessé de taper sur leurs tambours, les Vaudois ont mené de bout en bout. Meilleur symbole de cette équipe jeune et pleine de fougue, Evan Minacci, 17 ans, formé à Vevey, a reçu le prix du meilleur joueur. À la fin du match, Nathan Zana, le désormais co-président du club, affichait une légitime satisfaction. «À la maison, l’équipe a déployé une belle énergie. On peut être optimistes pour l’avenir.»
Davantage de stabilité?
Mais qu’en est-il justement de ce nouveau club? Pour l’instant peu d’informations ont filtré. Sur le site de Swiss Basketball, on retrouve les sigles respectifs de Vevey Riviera Basket (VRB) et d’Union Lavaux Riviera Basket (ULRB) côte à côte. Le tout assorti de 1952, l’année de naissance du VRB. Relégué en 1re ligue la saison dernière pour raisons économiques, le club historique, double champion suisse en 1984 et 1991, a réussi à remonter immédiatement à l’échelon supérieur où milite Union Lavaux Riviera depuis plusieurs saisons.
C’est ce qui a donné l’occasion aux deux présidents – Nathan Zana (VRB) et Olivier Ghorayeb (ULRB) – de concrétiser une fusion qu’ils envisageaient depuis belle lurette. «Nous allons travailler ensemble au développement de la jeunesse en réunissant nos forces. Nous voulons faire rayonner le basket sur toute la Riviera», promet le premier. «Ce projet nous offrira plus de ressources, plus de stabilité», enchaîne Olivier Ghorayeb. La nouvelle association compte deux équipes, une en LNB et les U23 en 1re ligue, chaque club conservant son mouvement junior sous ses propres couleurs.
Assemblée générale attendue
Séduisante sur le terrain lors des premiers matches, cette fusion est pourtant loin de faire l’unanimité hors parquets. Les sceptiques reprochent aux deux présidents d’avoir agi en catimini, sans en référer à l’extérieur. Parmi eux, une figure du basket veveysan: Patrick Bertschy, président du Vevey Riviera de 1999 à 2005. «On est tous derrière ce club. Mais malheureusement, depuis qu’il est à sa tête, Nathan Zana décide de tout, tout seul.» L’actuel vice-président du club de soutien exemplifie: «De quel droit peut-on fusionner deux clubs sans convoquer une assemblée générale? Ce n’est pas admissible. D’ailleurs des assemblées générales, il n’y en a plus eu depuis deux ans… On ne connaît même pas le budget du club», fulmine celui qui avait signé le premier contrat d’un certain Thabo Sefolosha.
Ces critiques, Nathan Zana y réagit avec dérision, comme si elles lui glissaient dessus. «Bertschy, je l’aime bien, mais là, il me fait sourire. Quand je suis arrivé en Suisse comme joueur en l’an 2000, on parlait déjà des problèmes économiques du basket à Vevey. C’est récurrent ici.» Et de promettre la tenue d’une assemblée générale durant le mois en cours.
Municipale chargée entre autres des sports, Laurie Willommet regrette, elle aussi, d’avoir été mise devant le fait accompli. «Ce nouveau club suscite plus d’interrogations qu’il ne rassure. Quand deux sociétés de gym fusionnent, elles présentent leur projet à la Ville. Il n’y a pas de raison que ce soit différent pour le basket. Or là, nous avons appris cette fusion hors des canaux officiels. De plus, elle est contraire à une décision de la Municipalité datant de janvier 2019 selon laquelle aucun nouveau club de Vevey peut être reconnu dans un sport où il en existe déjà un. Infrastructures et subventions obligent.»
Afin d’apaiser les esprits, le nouveau club avait invité la Municipalité au match de dimanche, afin de remettre le prix du meilleur joueur et de «partager le verre de l’amitié autour de cette belle aventure sportive». Aucun membre de l’Exécutif n’était présent aux Galeries du Rivage.
«C’est leur choix»
Interrogés à la fin de la rencontre, Nathan Zana et Olivier Ghorayeb restent confiants pour l’avenir et assurent que cette fusion est bénéfique pour le basket de la région. «Pourquoi devrions-nous nous affronter sur le terrain, alors qu’on peut travailler main dans la main? Tout ce qu’on fait est destiné aux jeunes de la région. Avec un club plus ambitieux, nous espérons retrouver la LNA le plus vite possible et garantir la présence de Vevey au plus haut niveau.»
La Fédération aurait même donné son feu vert à cette fusion, selon Nathan Zana. «Ils ont vu cela d’un très bon œil, alors que par le passé, le basket suisse a été le théâtre de plusieurs guéguerres entre clubs d’une même ville…» Contactée à ce sujet, Swiss Basketball nous répond uniquement par écrit via son responsable des compétitions: «Si des entités souhaitent collaborer, c’est leur choix. Ce n’est pas du ressort de celui de Swiss Basketball, relève Valère Bula. Et de préciser qu’actuellement «l’équipe nommée VRB/ULRB Riviera Basket 1952 est portée par le club d’Union Lavaux Riviera Basket » et que «le club de Vevey Riviera Basket a retiré sa première équipe de la LNB».
