
«Nous sommes prêts!», lancent les responsables d’Holcim, fiers de pouvoir montrer cette nouvelle infrastructure ferroviaire où se fabriquent des tonnes de béton. Ce qui implique de draguer une gouille imposante, mais qu’il faudra remblayer. Le délai d’exploitation est fixé à 2030 avec un délai de 10 ans pour la remise en état.
Le transport des matériaux depuis et vers la gravière Holcim à Aigle ne se faisait jusqu’à présent que par camion avec 250’000 tonnes de débris pouvant être acheminés par an. Soit l’équivalent de 10’000 camions, à raison de 50 par jour. Pour comparaison, un camion transporte entre 25 et 27 tonnes alors que, par le rail, ce sont entre 1’100 et 1’200 tonnes qui peuvent être acheminées. Et ceci par un seul train. Grâce au nouveau quai, la capacité pourra être désormais portée à 500’000 tonnes, tout en évitant une hausse du trafic routier.
«Il nous est apparu évident que nous devions trouver une solution qui évite un tel trafic et qui s’inscrive dans la durabilité», relève Sébastien Follonier, directeur du marché Valais-Chablais de Holcim. Comme sur d’autres sites du groupe – Eclépens notamment – Holcim recourt largement au transport par rail.
Jusqu’à deux trains par jour
À Aigle, c’est un investissement de 4,5 millions qui a ainsi été consenti pour créer un embranchement à la ligne communale qui prolonge le réseau qu’utilisait Tamoil, et qui dessert toute cette zone industrielle. La Confédération participera à hauteur de 30 à 40%, si le quota de déchets est respecté.
Ce bout de voie de 300 mètres est complété par un quai de 255 mètres qui permet le déchargement rapide et sécurisé de trains entiers de matériaux de chantier acheminés depuis la gare de triage de St-Triphon, par wagons à bascules ou à containers. Ce quai pourra accueillir un train complet de 22 à 24 wagons et jusqu’à deux trains par jour.
Une manutention avec des engins ad hoc permet ensuite de déverser ces débris – soigneusement triés et certifiés non dangereux – dans la gouille voisine. Trois employés d’Holcim sont nécessaires pour gérer ce trafic rail-déchets.
Dans l’optique du M3 lausannois
Cette installation s’avérera performante uniquement si des quantités suffisantes de débris sont acheminées à Aigle. Le projet a été lancé dans la perspective du démarrage du chantier du M3 lausannois cette année. Or, tout est reporté jusqu’en 2029.
Pas d’inquiétude chez Yvan Aubord, responsable d’exploitation du site. «Grâce à la solution ferroviaire, les débris pourront venir de partout.» Même de Suisse alémanique. Des stations de chargement de containers ont déjà été aménagées dans plusieurs villes – notamment à Genève et Lausanne – pour acheminer par rail des containers de matériaux d’excavation de chantiers.
