
Natasha Pittet est conseillère muncipale de Bienne depuis 2 ans. Elle gère actuellement les services de l’action sociale et de la sécurité. | C. Jenny
La candidate à la mairie est une Vaudoise qui ne renie pas ses origines, même si elle vit depuis presque 30 ans à Bienne. Cette ville, elle l’a adoptée dès son arrivée en 1995 lorsqu’elle a suivi son mari qui travaillait dans l’horlogerie. Elle ne parlait alors pas du tout l’allemand.
Maman, elle s’est impliquée progressivement pour Bienne, tout d’abord en tant que vice-présidente de la commission scolaire, puis au Conseil de Ville pendant presque neuf ans où elle a été, entre autres, présidente de la commission de gestion. «Le Parti radical romand – il y a deux entités radicales linguistiquement distinctes à Bienne – m’a proposé de figurer sur sa liste et j’ai été élue la deuxième fois au Législatif», relève celle qui scrute désormais la place de maire. Les élections auront lieu fin septembre.
Dicastère mammouth
Le virus de la chose publique a gagné Natasha Pittet. Reconnaissant, son parti lui propose en 2022 une place de conseillère municipale après le départ de sa collègue Silvia Steidle. Elle la refuse dans un premier temps, car elle est censée prendre la direction d’une société de traduction où elle travaille. Encouragée par l’élue sortante, elle accepte finalement le poste quelques jours plus tard.
Depuis 18 mois, Natasha Pittet chapeaute un dicastère majeur: celui de l’action sociale et de la sécurité d’une commune de 57’000 habitants, la dixième du pays. Une ville qui est aussi la plus importante de Suisse au niveau du bilinguisme avec des francophones qui représentent aujourd’hui près de 44% de la population.
De co-responsable d’une petite PME, elle est devenue du jour au lendemain patronne des Services sociaux, des curatelles, de la protection de l’adulte et de l’enfant et du Service des habitants. Elle est aussi la personne de liaison avec la Police cantonale – la seule qui soit active à Bienne, les pompiers, la Protection civile, sans omettre tout ce qui touche à l’intégration. Une tâche parfois ardue dans une ville où 137 nationalités cohabitent. «Nous devons faire un maximum pour faciliter l’intégration de chacun, surtout pour les enfants», souligne ainsi Natasha Pittet.
Une femme de compromis
Aujourd’hui, à la mi-cinquantaine, elle souhaite franchir une étape supplémentaire: atteindre la présidence de Bienne en devenant par la même occasion la première femme maire de la Ville. Et qui plus est en étant francophone. Son élection pourrait être à ce titre historique. Elle le sera de toute manière, puisque sa seule adversaire est aussi une femme romande et également membre du Conseil municipal. Natasha Pittet sera opposée à la PS Glenda Gonzalez Bassi. Un challenge donc pour la Chablaisienne dans une ville qui vote traditionnellement pour la coalition de gauche.
L’une d’entre elles remplacera le président socialiste emblématique Erich Fehr. «Si j’ai décidé d’être candidate, c’est à la suite de sa décision de ne pas se représenter. Autrement, je ne l’aurais pas fait, confie la Vaudoise en toute franchise. Son départ me semble être l’occasion de permettre aux Biennoises et Biennois d’opérer un changement en mettant un terme au durcissement des blocs constaté lors de cette législature.»
Natasha Pittet se définit comme «femme de compromis». Elle n’aime pas passer en force. «Au-delà des divergences politiques, il m’importe de toujours rechercher le bien commun. J’aime cette ville et je veux me mettre au service de ses habitants, au-delà du clivage gauche-droite. Certes, je représente le PLR, mais je préconise avant tout un libéralisme à vision sociale. Et je me réjouis qu’un nouveau mouvement – «Avenir Bienne» – composé de personnalités de divers bords, ait vu le jour. Je pense qu’ensemble nous pourrons avancer.» Verdict le 22 septembre.
1968
Née à Chesières sous le nom de Middelemann. Un papa d’origine allemande, pasteur dans l’église presbytérienne et une maman d’origine américaine.
A grandi à Chesières, Huémoz et Gryon dans une famille de
5 enfants.
1989
Licence en droit à l’Université de Lausanne.
1993-1994
A occupé un poste de greffière à la Chambre des recours du Tribunal cantonal vaudois pendant quelques mois.
1995
Naissance de son premier enfant Alexandre. Philippe (1997), Benjamin (2000) et Claire (2003) viendront ensuite agrandir la famille.
2012
Élection au Conseil de Ville de Bienne. Un poste qu’elle occupera pendant 11 ans.
2022
Entrée au Conseil
municipal de Bienne.
