
Toutes les stations (ici Villars) ont cartonné cet hiver grâce, notamment, à une neige tombée à des moments clés: durant les Fêtes et juste avant les relâches. | TVGD
La saison d’hiver se conclut comme elle a commencé, et même comme elle avait déjà confirmé en février: les chiffres de fréquentation parlent d’une année exceptionnelle.
Avec un constat repris par tous: la neige, à défaut de tomber en abondance, a su s’inviter au bon moment, durant les Fêtes de fin d’année, puis juste avant les relâches. Le froid a par ailleurs permis un bon travail sur les pistes. L’omniprésence du soleil les week-ends a complété le tableau.
Des plus partout
À Villars, ce sont 685’000 visiteurs qui ont été enregistrés depuis le 7 décembre dernier, a communiqué vendredi dernier Télé Villars-Gryon-Les Diablerets (TVGD), alors que les pistes restent ouvertes jusqu’au 6 avril sur l’essentiel du domaine. «C’est 20% de plus que la moyenne des quatre dernières saisons et nous pensons battre notre record de l’hiver 2021-22, ajoute Martin Deburaux, directeur de la société. On peut simplement regretter que les conditions actuelles, particulièrement bonnes, génèrent une relativement faible affluence. Là, nous avons encore du travail à faire.»
L’humeur est au beau fixe également du côté de Télé Leysin-Les Mosses-La Lécherette. «Nous sommes bien au-dessus de la moyenne des dix dernières années et à +11% par rapport à l’an dernier, avec près de 300’000 visiteurs sur la saison, annonce son président Jean-Marc Udriot. Même aux Mosses, où les conditions sont parfois critiques, nous avons réussi à ouvrir jusqu’à la fin de la saison (ndlr: mercredi dernier aux Mosses, le 7 avril à Leysin).» L’attraction du Tobogganing Park, au bas du village, a également cartonné. «La meilleure saison jamais enregistrée avec un bond de 20% à 62’000 clients», souligne-t-il.
À Glacier 3000, depuis novembre, le directeur Bernhard Tschannen évoque carrément une hausse des visiteurs de 30% sur un an. «À noter que 37% des visiteurs sont des piétons (ndlr: qui ne skient pas, fréquentent les restaurants, se baladent à la passerelle suspendue du Peak Walk). À eux seuls, ils représentent la moitié du chiffre d’affaires de l’hiver.»
Il espère encore quelques belles journées d’ici à la fermeture des installations de ski le 30 avril. «Les conditions jusqu’à 2’000 mètres sont encore excellentes et nous allons rouvrir le Black Wall vendredi ou samedi.»
Effet Magic Pass
Le modèle Magic Pass continue de faire les affaires des stations des Alpes vaudoises. À Leysin-Les Mosses, Jean-Marc Udriot évoque une explosion de +20%: de 106’000 à 128’000 journées skieurs munis du sésame, soit près d’un skieur sur deux, comme à Glacier 3000 (46%).
À Villars, «nous sommes dans la moyenne habituelle, avec une part de 56-57%, précise Martin Deburaux. Ce que je constate, c’est qu’il ne s’agit plus seulement de pendulaires. Une part reste au moins une nuit en station».
Du reste, les hôteliers ont aussi profité de ce bel hiver «avec des nuitées en hausse de 10 à 20%», selon Sergei Aschwanden, directeur de l’Association touristique Porte des Alpes. Glacier 3000, propriétaire des deux principaux hôtels des Diablerets (l’ex-Eurotel et désormais The Glacier Hotel et celui des Sources), dit avoir également fait mieux que l’an dernier.
Sur les moyens et petits domaines, on a aussi le sourire. Pour les Rochers-de-Naye, Jaman et Caux, Paul Wetzel qualifie la saison de «magnifique». «Nous avons ouvert à Noël et Nouvel An, ce qui n’arrive pas chaque fois, souligne le responsable des remontées mécaniques. Par rapport à l’an dernier, nous avons enregistré 40% de fréquentation moyenne en plus sur les cinq dernières années et 20% de plus que la meilleure saison 2021-22. Tout ça sans canon à neige, grâce au travail d’une quinzaine de personnes!» Aux Pléiades, après un hiver 2023-2024 «catastrophique» sans avoir pu ouvrir les installations, le président de la coopérative Gérald Gygli salue «une belle saison». Les deux principaux télésièges ont ouvert plus de 30 jours chacun et la bagatelle de 1’440 élèves des écoles ont profité du domaine avec les moniteurs locaux. À La Forclaz, enfin, qui a connu plusieurs hivers sur le fil, au point d’envisager un arrêt définitif de l’unique téléski des Thays, on savoure. «Nous avons pu faire quelques nocturnes et à Noël nous avions presque des files d’attente, explique le président Armand Lugrin. Si toutes les années pouvaient être comme ça, on serait plus sereins.»
