La piste d’aéromodélisme rencontre des turbulences

Le ciel se couvre-t-il au-dessus du projet de piste d’aéromodélisme de Saint-Triphon?  | K. Di Matteo

Saint-Triphon
Nuisances, risques, mobilité: des associations locales, Pro Velo et des particuliers ont émis des réserves.

Le Groupement d’aéromodélisme Aigle-Bex devra-t-il patienter pour inaugurer sa nouvelle piste à l’arrière de la colline de Saint-Triphon, sur une parcelle de terrain agricole? (voir édition 200, 23 avril 2025). Quelques vents contraires semblent en effet souffler contre le projet mis à l’enquête jusqu’à ces derniers jours.

Neuf, précisément, soit le nombre d’oppositions déposées: une de l’Association Pro Velo Chablais, une, conjointe, de deux associations locales (L’Echo du Caillou et l’Association des intérêts de Saint-Triphon) et sept autres individuelles. Neuf salves que la Municipalité d’Ollon doit désormais traiter.

Dans la liste des griefs relevés par le Bureau technique, on note: «Accessibilité, nuisances sonores, chutes d’engins dans les champs voisins, désagréments pour la faune et le bétail, accès existant interdit à la circulation, éventuelle liaison de mobilité douce entre Aigle et Collombey.»

Plusieurs inquiétudes

L’opposition de Pro Velo Chablais se veut toutefois «de principe», précise son président Cherryl Clivaz. «Nous ne sommes pas contre le projet en soi, mais ce qui nous préoccupe, c’est l’accès au lieu qui, aujourd’hui, est interdit à la circulation. Nous demandons une étude sur l’ensemble du site avec le futur projet d’atelier CFF (NSA) dans le cadre des projets d’agglomération PA4 et PA5.» Le secteur se prête notamment à l’aménagement d’une «voie verte» pour les cycles.

De son côté, les deux associations n’envisagent pas leur intervention comme une «opposition», mais plutôt comme une «grande lettre formulant quelques inquiétudes», selon Christine Mossessian, présidente de l’Echo du Caillou. À savoir: «Comment sera prévu l’accès au site via les deux routes agricoles, notamment lors de manifestations? Où vont se parquer les voitures, d’autant que la zone est marécageuse et souvent inondée? Enfin, qu’en est-il des nuisances sonores et de leur impact sur une zone proche de la colline, lieu réputé tranquille, située sur un axe de mobilité douce, et où vit une faune locale. Si tout cela n’est pas précisé par écrit, nous craignons une perte de contrôle.»