
Au marché de la place Jaune, on se balade le long des stands un verre à la main. | B. Fellay
Il est 17h, le soleil frappe de plein fouet la place des Portalottes, le nom officiel de la place villageoise. Les stands des commerçants sont déjà ouverts, quelques curieux posent des questions en observant les marchandises. L’animation se concentre surtout autour du bar tenu par le comité du marché. On sent une certaine excitation planer. Car c’est jour de rentrée pour le marché de la place Jaune, qui se tient d’avril à novembre.
«Le but premier est de créer un espace de rencontres», explique Julien Echenard, président du comité. Celui qui s’est établi à Attalens en 2018 s’est alors mis en tête de lancer un marché dans sa nouvelle commune. «Je me suis dit que c’était une bonne façon de m’intégrer, et cela faisait déjà plusieurs années que j’avais envie de créer un marché nocturne.» Un concept notamment répandu en Camargue, région dont il est tombé amoureux. «Les gens viennent y boire un verre en fin de journée, c’est très convivial et parfait pour les after works.»
L’idée convainc et le comité du marché se constitue. La première édition se déploie en 2022, à la sortie du Covid. «Les gens étaient heureux de pouvoir enfin se retrouver, le succès a été immédiat. Ça nous a motivés à continuer.» Aujourd’hui, ils sont huit quadragénaires attalensois à porter ce marché de la place Jaune.
Un espace de rencontres
La Commune est elle aussi conquise par la démarche. Ce sont d’ailleurs ses employés qui viennent monter les stands le vendredi matin. «Attalens accueille énormément de nouveaux arrivants. Si les sociétés locales sont très dynamiques, ce sont surtout les habitants de longue date qui y sont actifs. Je crois que notre initiative permet aux gens de se mélanger et de casser le côté cité-dortoir», se réjouit Julien Echenard.
Accoudées à une table, Nadia et Léa sont venues prendre l’apéro avec la gym d’Attalens. «À part les événements organisés par les sociétés du village, il n’y avait effectivement pas grand-chose de festif», commente la seconde, tout sourire. Son amie acquiesce. «C’est chouette d’avoir ce marché pour se retrouver une fois par mois.»
Des enfants courent autour de la lame d’eau traversant la place. L’ambiance est familiale, la ludothèque, qui tient son propre stand, a mis des jeux à disposition des plus petits.
Des critères de durabilité
Sur ce marché, le prix d’un stand se veut attractif: il faut compter 20 francs pour la soirée. Priorité est donnée aux producteurs d’Attalens et de la Basse-Veveyse. Même le bar sert de la Boss’Beer, une bière brassée à Bossonnens. Et pour ceux qui souhaitent vendre des produits dépassant les frontières régionales, des critères de durabilité doivent être respectés.
Un exemple? Pascale présente ses chocolats de la marque Treegether. Fondée il y a 6 ans, la micro-entreprise basée à Vevey travaille directement avec des producteurs de cacao dans une perspective fairtrade. «Notre marque fonctionne grâce au contact direct, explique Pascale. Une distribution en grandes surfaces irait à l’encontre de nos valeurs.»
Sur l’étalage voisin, Juliette et Joana vendent leur pain fait à Porsel, dans leur ferme collective Le Radis Noir. Selon Juliette, l’ambiance conviviale d’un marché du soir est un vrai atout. «Les gens restent plus volontiers discuter. C’est beaucoup moins le cas quand on vient simplement faire ses courses.»
La place est désormais bondée. Non loin du bar, les membres du comité installent un écran pour diffuser le match de Gottéron. De quoi encore prolonger cette soirée qui s’annonce riche en échanges et en émotions.
