
Les bâtiments II et III, qui prennent littéralement l’eau, doivent être rénovés et agrandis. Voici à quoi devrait ressembler le résultat. | Cristobal et Delgado Architectes
«J’avais imaginé couper le ruban le 30 juin 2026. À présent, j’en suis à espérer que ce sera le premier coup de pioche…» Le municipal Gérald Gygli est un brin dépité. Car c’est peu dire qu’à Blonay, la réfection du collège de Bahyse a pris du retard.
Pour mémoire, le projet vise à rénover, mais aussi agrandir les bâtiments II et III du complexe, datant respectivement de 1969 et de 1983. Deux édifices où les conditions sont devenues «déplorables» selon la Municipalité. Températures trop basses ou trop hautes, plafonds qui fuient: le quotidien des quelque 400 élèves de 12 à 15 ans et leur corps enseignant est peu enviable.
Alors que les engins de chantier auraient actuellement dû être à pied d’œuvre, leur démarrage est suspendu à la décision du Tribunal fédéral. Et pour cause, une voisine opposée au projet a saisi la plus haute juridiction après avoir été déboutée par le Tribunal cantonal en juin dernier. «L’issue de ce recours est attendue pour la fin de l’année 2025, voire début 2026», indique l’édile chargé des bâtiments et domaines.
Des pavillons malgré des finances incertaines
En parallèle de cette rénovation-extension, des pavillons provisoires doivent être construits sur le parking à côté de la bibliothèque. D’une capacité totale de dix classes, ces modules hébergeront les élèves durant les trois ans que durera le chantier. Malgré le blocage actuel, la Municipalité a souhaité les construire. «Si tout va bien, ils devraient être prêts pour la rentrée 2026», précise Gérald Gygli. Qui ajoute: «Même si la rénovation du collège n’aura pas encore commencé, ces pavillons permettront déjà aux classes de bénéficier de conditions de travail adéquates.»
Mais la construction de ces pavillons estimée à 2,6 millions de francs aurait – elle aussi – pu être retardée. Le 26 septembre dernier, la Municipalité annonçait que le vote du crédit devait être repoussé. Motif? L’«incertitude financière» que laisse planer le budget 2026 déficitaire du Canton de Vaud sur la Commune. L’État a annoncé d’importantes coupes et les reports de charges sont à craindre.
C’était toutefois sans compter la réaction du Conseil communal. Lors de sa séance de mardi dernier, plusieurs élus ont insisté pour que l’enveloppe consacrée aux pavillons scolaires soit malgré tout mise en vote. Ce point sera donc à l’ordre du jour du 28 octobre prochain. Un sursaut qui n’est pas pour déplaire à l’ancien postier de Saint-Légier. «Le Conseil nous pousse et nous sommes très contents que cela vienne de lui.»
