
Les fameux «œufs rouges» d’Isenau, photographiés ici quelque temps après la fin de la concession en 2017, auront-ils des successeurs? | O. Meylan – 24 heures
Assistera-t-on à un retour du ski à Isenau à l’horizon 2026-2027? Si nul ne peut à ce stade l’assurer, le délai d’opposition aux deux plans d’affectation (PA) «Isenau» (pour le sol) et «remontée à câble d’Isenau» (pour la télécabine) courant jusqu’au 10 février prochain, une chose est certaine: les deux entités œuvrant de concert au projet de relance d’Isenau, à savoir la Municipalité d’Ormont-Dessus et la Société coopérative Diablerets-Isenau 360°, ont le sentiment d’avoir mis toutes les chances de leur côté. «On s’en est donné les moyens, souligne Christian Reber, syndic de la Commune. On a travaillé pendant cinq ans, consulté nombre d’experts pour les eaux, les marais, la biodiversité, on a tenu compte de toutes les remarques des opposants et fait en sorte que tout le monde soit entendu. J’espère que nous sommes tout juste, cette fois.»
Cette fois. Car ce ne fut pas le cas à l’époque du précédent plan d’affectation, invalidé en octobre 2020 par le Tribunal fédéral. Ce plan, qui fixait notamment le cadre pour le renouvellement de la télécabine d’Isenau – dont la concession a pris fin en 2017 –, avait été validé par le Conseil d’État. Mais il ne respectait pas le périmètre de protection de l’inventaire fédéral des marais protégés, en l’occurrence celui du bas-marais de Retaud.
Être « un exemple de tourisme durable »
Comme l’explicite le rapport d’aménagement mis en consultation vendredi parallèlement à la mise à l’enquête du PA «Isenau», «la Municipalité d’Ormont-Dessus s’est donné comme objectif de rendre le projet plus acceptable pour toutes les parties, en donnant une orientation plus durable au projet». Et le document de citer l’abandon de l’idée de champ de panneaux solaires, du ski de fond dans le secteur des Moilles, d’une nouvelle remontée mécanique Pillon-Isenau, d’un nouvel hôtel – «c’est déjà difficile pour un hôtel aux Diablerets», note Christian Reber – et de l’enneigement mécanique – «c’est une cuvette avec un microclimat, mettre des canons à neige n’est pas nécessaire», estime le syndic.
Pour la Municipalité, le souhait est clair: «qu’Isenau soit un exemple de tourisme durable et quatre saisons dans les Alpes vaudoises». «On ne crée pas de nouveau tracé de remontées mécaniques, pas de nouvelles pistes; c’est un projet <régime minceur> très respectueux de l’environnement», insiste l’édile, précisant au passage que les deux PA mis à l’enquête vendredi font l’objet de deux procédures distinctes «afin, si on est coincés avec un plan, de pouvoir avancer avec le second».
1,5 million de francs encore à trouver
Tout reste toutefois intimement lié dans ce dossier: les PA «du sol», de la nouvelle télécabine – sur le tracé de l’ancienne – et le restaurant, dont le permis de construire en vue de la transformation en centre «multifonctionnel» adapté à un tourisme quatre saisons doit être mis à l’enquête d’ici à la fin de la semaine.
Cette résurrection d’Isenau a un coût: 24 millions de francs, dont sept doivent être rassemblés par la Société coopérative Diablerets-Isenau 360°, forte actuellement de quelque 650 membres – ils seront, à terme, entre 1’000 et 2’000. Il manque aujourd’hui 1,5 million de francs, informe son président Philippe Gallaz. «Maintenant que les PA ont été déposés, nous allons retourner voir de potentiels gros donateurs et relancer les soutiens qui attendaient ce dépôt pour rejoindre la coopérative. Si l’on voit qu’il nous manque encore quelque chose, nous lancerons une campagne de financement participatif.»
« Dans les temps » pour la télécabine
Si «un peu de retard» a été pris sur le planning initial «en raison des allers-retours entre la Commune et le Canton», la Société coopérative – propriétaire des téléskis, des stations de départ et d’arrivée, du restaurant et du parking et structure opérationnelle qui en dirigera l’exploitation – reste «dans les temps» pour commander la nouvelle télécabine «d’ici à l’été». «On ne maîtrise pas le calendrier lié aux PA, mais nous avons tout fait pour être prêts», conclut Philippe Gallaz. Une séance d’information publique aura lieu le 21 janvier à 19h à la Maison des Congrès Claude Nicollier aux Diablerets.
