La saga du centre-ville d’Aigle se termine sur un grand oui

La Municipalité n’a pas caché sa joie dimanche à l’annonce du résultat: 61,8% des Aiglons ont validé son projet de réaménagement du centre-ville.  | Zouhri

Votation
La population a validé à 61,8% la deuxième mouture municipale à 5,9 millions de francs. Les travaux pourraient démarrer dans la deuxième moitié de 2026.

Des sourires lumineux et une grande dose de soulagement. La Municipalité d’Aigle était aux anges dimanche sur le parvis de l’Hôtel de Ville. Au terme d’une votation qui paraissait devoir être serrée sur le papier, la population a nettement accepté la seconde mouture du projet de réaménagement de la place de l’Hôtel de Ville et ses abords avec un score de 61,8%.

«Faire passer un projet de cette importance, c’est déjà une chose. Qu’il le soit aussi clairement, c’en est une autre, et cela donne encore plus de valeur à ce résultat», se félicite Grégory Devaud, syndic du chef-lieu.

Il faudra tout de même attendre la validation définitive par le Canton ces prochaines semaines, qui formalisera la levée des dernières oppositions, dont plusieurs émanent d’élus de l’Entente aiglonne et de l’UDC, principaux détracteurs du projet. Le coût du projet (5,9 millions de francs, dont 1,9 de subventions), certains choix urbanistiques et la politique de stationnement étaient notamment pointés du doigt.

Une fois la décision cantonale affichée au pilier public, il restera un délai de recours de 30 jours au Tribunal cantonal. «Sans présumer d’un éventuel recours, les travaux pourraient démarrer dans la deuxième moitié de 2026», estime le syndic.

Trois référendums

Pour l’heure, six Aiglons sur dix ont dit vouloir clore une saga qui dure depuis plus de dix ans. Le premier projet «Aigle Centre 2020» avait été contesté par un premier référendum. Malgré le oui des citoyens en 2013, la votation avait été annulée par le Tribunal fédéral en raison d’irrégularités lors du dépouillement du scrutin.

Rebelote en 2024: les Aiglons sont appelés aux urnes et refusent une mouture jugée trop ambitieuse et coûteuse (9,8 millions de francs). La Municipalité redimensionne le projet et le Conseil communal donne son aval à une très large majorité en juillet dernier. Une variante qui fait l’objet d’un troisième référendum, celui qui a entraîné la votation de dimanche.

«Nous avons entendu ce qui n’a pas marché et modifié le projet en proposant une version plus équilibrée, moins chère et sans diminution du nombre de places de parc au centre-ville», analyse Grégory Devaud.

Marcel Jacques Bacca, élu de l’Entente aiglonne, référendaire et comptant parmi les personnes ayant déposé une opposition contre le projet, dit respecter la décision populaire. «Mais je note aussi que près de 40% de la population a refusé. On ne peut pas du tout parler d’un plébiscite, la majorité a probablement voté par lassitude.» «Par lassitude? Plutôt par volonté d’aller de l’avant et de ramener un peu de sérénité», rétorque Grégory Devaud.

Si Marcel Jacques Bacca dit craindre une «désertification d’Aigle» avec cette décision, il laisse entendre qu’il ne contestera pas la décision. «C’est fichu maintenant.»

GALERIE