La vie du bédéiste Derib sur grand écran
Pour capturer l’intimité, le réalisateur a décidé de filmer seul avec Derib. Lui et sa caméra, Claude de Ribaupierre et son crayon. | DR
Petit, les aventures de Yakari le faisaient rêver. Aujourd’hui réalisateur, Sébastien Devrient a eu la chance de côtoyer pendant plusieurs années le créateur de ce personnage mythique, Derib. Originaire de La Tour-de-Peilz, Claude de Ribaupierre de son vrai nom, a profondément marqué plusieurs générations, et continue de le faire.
Leur rencontre remonte à 2016, lors du tournage d’un autre film dans lequel le bédéiste faisait une apparition. Le dessinateur lance alors avec humour au réalisateur: «Et le prochain, c’est sur moi?» Celui-ci saisit l’occasion, et c’est ainsi qu’est né «Derib, une vie dessinée», un portrait intime de l’artiste, avec la création de A à Z de sa dernière BD «La Promesse» en toile de fond. À travers des témoignages de l’artiste et de son entourage, le film dévoile l’homme derrière le trait.
«C’était un honneur d’entrer dans son atelier et par extension, dans son intimité. Mon père est peintre, je sais combien il est difficile d’avoir quelqu’un qui filme son processus créatif. Derib m’a offert cette confiance», confie le co-fondateur de la boîte de production veveysanne Vertiges Prod. Pour capturer cette intimité dans toute sa vérité, il a choisi de restreindre son équipe de tournage et a fini par le filmer seul. Lui et sa caméra, Derib et son crayon. «Mon challenge était qu’il oublie la caméra. Je ne voulais surtout pas empiéter sur son travail.»
Pont entre trois générations
Dans «La Promesse», co-signée par son fils Arnaud, Derib illustre l’ascension de la Dent Blanche, une montagne symbolique dans sa famille. Son père, François de Ribaupierre, lui aussi artiste, l’a gravie et l’a peinte inlassablement. C’est seulement après 60 ans de carrière que Derib ose enfin dessiner celle qu’il considérait «réservée à son père». Dans le film, son fils suit les traces de son grand-père et gravit la montagne à son tour. «Il y a eu comme une cristallisation autour de cette montagne», avance le réalisateur franco-suisse, notamment guide de montagne.
Un grand travailleur
Sébastien Devrient décrit Derib comme un «grand bosseur». «Il peut dessiner 10 heures par jour. Bien qu’il soit très rigolard, c’est impressionnant d’observer le sérieux qu’il met dans son œuvre.» Alors que le film s’apprête à être projeté en salle, Derib a eu droit à une avant-première chez lui, avec sa famille. «Derib a été touché par le film et a trouvé que la représentation de sa vie et de son œuvre était particulièrement fidèle», se réjouit le réalisateur. Une belle reconnaissance après cinq années de travail.
www.vertigesprod.ch/derib-une-vie-dessinee/
«Derib, une vie dessinée», de Sébastien Devrient. À voir le jeudi 3 avril (18h15) au Rex de Vevey, ou le dimanche 6 avril (17h) au Cosmopolis d’Aigle.




