
Un cognassier au milieu des ceps: non, ce n’est pas une erreur! | C. Jenny
Soigner la vigne autrement, tel est le défi d’André Bélard. Il y répond grâce à l’agroécologie, une spécialité que ce diplômé de Changins est allé étudier en France. Il est tellement convaincu du bienfait de sa méthode qu’il a décidé de l’appliquer à Rivaz, sur son Domaine des Dryades, tiré d’un mot grec signifiant l’esprit des arbres.
Des arbres et des légumes
Et lorsqu’André Bélard vous emmène visiter ses deux hectares, vous allez de surprise en surprise! Les ceps se développent dans un sol composé de plantes diverses et de BRF, des restes de bois rabotés. On y voit aussi pousser des champignons. Et des arbres de toutes sortes, plantés un peu partout au milieu des ceps. Des fruitiers, mais aussi des forestiers. Un jardin comme si vous y étiez! Car ce scientifique de la vigne teste également – avec le concours d’une maraîchère – les bienfaits de la syntropie, qui vise à la diversité des cultures. Ainsi pouvez-vous y découvrir des poireaux, des tomates et autres légumes.
Cette inhabituelle biodiversité vit en parfaite harmonie et – surtout – profite à la vigne. «Quand vous devez traiter dix-sept fois la même année, comme ce fut le cas en 2021 alors que je travaillais sur un autre domaine, vous vous posez des questions!», lance André Bélard.
Cette biodiversité nourrit la vigne et lui donne des propriétés bienfaisantes, et notamment la protège de la sécheresse, car le sol reste suffisamment humide. Les arbres et branchages apportent pour leur part un ombrage salvateur. «Vous savez, dit notre vigneron, la vigne n’est pas heureuse de bouillir au soleil sur des fils de fer.»
Un excellent rendement
Un tel paysage viticole détonne. André Bélard n’en a cure, convaincu qu’il est des bienfaits de l’agroécologie. Et à l’heure de sa première vendange, l’année dernière, le résultat l’a conforté dans son choix. «J’ai obtenu un rendement tout à fait correct et mes vins trouvent assez facilement preneurs, parce qu’ils sont originaux et recherchés par une certaine clientèle qui veut déguster des vins élaborés différemment.»
Le passionné parlerait de son expérience durant des heures. Il espère d’ailleurs que les étudiants vignerons pourront bientôt bénéficier d’un tel enseignement, s’ouvrir à cette approche.
André Bélard l’a mélangé à l’esprit de la vigne. Un mariage qu’il est le seul, en Romandie, à avoir poussé à ce stade et qu’il entend encore développer. D’ailleurs, il a appelé l’un de ses vins dont il est le plus fier «Untitled», soit «sans nom», indéfini, en évolution. Car l’expérience ne fait que commencer pour André Bélard.
