
Les déchetteries de Blonay-Saint-Légier ont-elles des règles d’accès trop sévères? C’est la question qui plane sur les bennes du Chapon (Saint-Légier) et de la Baye (Blonay). Fin octobre, le Conseil communal a demandé à la Municipalité d’examiner la possibilité d’introduire une «pratique administrative plus flexible par rapport aux usagers». Une intervention portée par l’UDC Joey Fares.
Pour pouvoir entrer dans ces centres de tri, il faut être équipé d’une carte magnétique que chaque ménage reçoit. Spécificité: lorsqu’un paysagiste amène les déchets verts d’un client résidant sur le territoire communal, il doit être accompagné de la personne qui détient ce fameux sésame. Et c’est ce point qui fait l’objet de discussions.
Trop âgée pour accompagner son jardinier
Dans son postulat, Joey Fares évoque la situation d’une Blonaysanne de 98 ans, dont le cas a été porté à la connaissance des autorités par la famille. Cette presque centenaire vit encore seule dans sa maison entourée d’un jardin de 1’000 m². «À son âge, ma grand-maman ne peut plus monter dans la camionnette du jardinier pour l’accompagner à la déchetterie», témoigne sa petite-fille. Résultat: le paysagiste doit aller amener ses déchets de tonte et de taille à Roche.
«La Commune m’a proposé que ce soit un membre de la famille ou un voisin qui accompagne le jardinier de ma grand-maman», poursuit-elle. Une alternative selon elle difficilement réalisable. «Elle n’a pas de contact avec ses voisins, dit-elle. Ses deux filles de 76 et 68 ans ont des soucis de santé et nous, ses petits-enfants, sommes tous dans la vie active, sans compter que tout le monde habite assez loin.»
Un système de procurations?
Pour faire face à ce genre de cas particuliers, l’élu UDC fait plusieurs propositions. «On pourrait imaginer l’établissement d’une liste de personnes autorisées – des proches, employés ou aides – habilitées à utiliser la carte d’accès de certains citoyens, expose-t-il. Ou la reconnaissance de procurations permettant aux citoyens d’autoriser une autre personne à déposer des déchets en son nom.»
Une idée qui ne convainc pas Jean-Marc Nicolet, municipal chargé de la gestion des déchets. «À l’heure actuelle, le régime des procurations ne nous paraît pas gérable, car administrativement trop compliqué», explique le Vert, qui rappelle que l’accompagnement des paysagistes par le client – ou du moins par un membre de son entourage – a été mis en place pour limiter le tourisme des déchets verts. «Grâce à ces règles, nous avons pu réduire de 30% le tonnage de ces derniers, ce qui signifie aussi des coûts d’évacuation en moins.»
