L’AcroShow donne des ailes

Une centaine de pilotes ont rivalisé d’audace ce week-end à l’AcroShow.  | L. Menétrey

Villeneuve
Ce week-end, la 16e édition du festival de parapente acrobatique a animé les quais et coloré le ciel. Rencontre avec le pilote fribourgeois Lucas Ruffieux, qui figure parmi les dix meilleurs au monde.

Elles sont roses, blanches, bleues. Posées à même l’herbe, des dizaines de voiles de parapente sèchent au soleil dans la place de jeux de l’Ouchettaz. Le temps d’un week-end, à l’occasion de la seizième édition de l’AcroShow, le terrain de jeux s’est transformé en zone de séchage pour les parapentes qui ont goûté à l’eau du Léman. Certains pilotes plient leur voile avant de la glisser dans leur sac. D’autres profitent de quelques minutes de répit entre deux vols. Parmi eux, le Fribourgeois Lucas Ruffieux est à une quinzaine de minutes avant de monter à bord de la navette qui le mènera à Sonchaux pour décoller. «L’AcroShow, c’est le plus beau show de parapente du monde!», s’exclame-t-il d’emblée. Le pilote de 23 ans connaît bien l’événement. Cette année, il se présente pour la première fois en tant que pilote du World Tour, avec un statut de septième mondial. 

Sur le Léman, les radeaux de douze mètres de diamètre attendent les pilotes. «Ça peut paraître grand, mais quand on arrive vite, ça ne l’est pas», insiste Lucas. Car il ne suffit pas de viser les radeaux et d’atterrir debout, il faut faire le show. «On fait une spirale avant d’arriver très vite proche de l’eau et de raser la surface. On peut gagner des points en touchant l’eau avec la voile ou la main, ou en dessinant une ligne avec les pieds à la surface.» Une compétition qu’il compare au patinage artistique. «Avec notre voile, on enchaîne les figures, c’est un peu comme une chorégraphie.»

Mais derrière ces quelques minutes de spectacle, il y a des heures d’entraînement. «Il faut être totalement à l’aise avec nos figures pour pouvoir y mettre du style: mettre de l’amplitude, que ce soit beau et … agressif. Que ça tourne vite!», assure ce dernier. Il est d’ailleurs devenu récemment l’inventeur du looping en parapente, un tour complet sur soi-même. Équipé de sa voile de voltige, d’un casque et d’une sellette, soit un siège avec deux parachutes de secours, il est temps pour lui de monter à bord d’une navette. Direction Sonchaux. 

Motocross et wingsuit

Désormais, un hélicoptère survole la foule villeneuvoise. À son bord, les pilotes de wingsuit se préparent à sauter. Géraldine Fasnacht, snowboardeuse freeride et adepte de vol libre, ainsi que trois autres pilotes, ont fendu le ciel à une vitesse de 150 km/h avec leurs wingsuits. Le lendemain, ce sera au tour de l’humoriste Yann Lambiel de se jeter à l’eau pour son baptême en wingsuit. 

Désormais, le vent a tourné. Les vols sont mis en attente. Qu’importe. Le spectacle continue au sol. L’athlète de motocross freestyle vaudois Mat Rebeaud et ses camarades font le show avec leurs bécanes en se propulsant à plus de 12 mètres de hauteur sous le regard ébahi du public.

Quant à Lucas et ses camarades, ils redescendent bredouille. La météo ne leur permet pas de décoller. Ce n’est que partie remise. Le lendemain, Lucas Ruffieux retrouvera le ciel et enchaînera les vols et les figures jusqu’à décrocher la place de vice champion suisse.

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