L’art comme un antidote à la maladie

Créative, la linogravure se réalise sur une plaque de linoléum.  | DR

Vevey
La Fondation de Nant et une artiste locale signent une collaboration créative, afin d’accompagner des bénéficiaires vers leur réinsertion. Un travail à découvrir lors d’un vernissage ce vendredi.

Creuser un sillon. Avec patience et avec soin. Et laisser une trace, comme pour mieux reprendre pied. Gouges, rouleaux encreurs et plaques de linoléum sont devenus peu à peu des outils familiers pour les participantes de l’atelier de linogravure. Durant ces quatre derniers mois, elles ont pu expérimenter la technique, pour ensuite se focaliser sur une réalisation personnelle. 

Accompagnées d’une ergothérapeute et d’une artiste veveysanne, cinq femmes en cours de rétablissement ont pu laisser parler leur sensibilité, hors du champ psychiatrique. «Aller à la rencontre d’une artiste, c’est aller à la rencontre de ces lieux de ressourcements, ailleurs qu’à l’hôpital», souligne l’infirmier chef du service de psychiatrie Michel Miazza.

Une activité «hors-les-murs» donc, dans l’atelier de Charlotte Olivieri. «La maladie mentale reste encore un sujet tabou, je trouve qu’il est important de visibiliser ces récits», explique cette artiste pluridisciplinaire. 

Explorer sa créativité

Après l’expérience d’une décompensation psychique, la créativité peut être salvatrice. C’est dans cette perspective de rétablissement qu’un atelier de linogravure a réuni des bénéficiaires du centre thérapeutique de jour, une structure rattachée de la Fondation de Nant. L’activité a été cofinancée par la Ville de Vevey.

À raison de deux fois par mois, elles ont ainsi exploré cette technique nécessitant de la concentration et une délicatesse incisive. «Parmi les personnes sorties de la phase aiguë de la maladie, nombreuses sont celles qui ont perdu confiance en elles, et qui vivent un rétrécissement poétique de leur existence, détaille Michel Miazza. Cette expérience permet de sortir du retrait psychique.»

Ayant fait une résidence artistique l’an passé au Quartier Culturel de Malévoz, au sein de l’hôpital psychiatrique de Monthey, Charlotte Olivieri continue à tisser des liens entre la maladie et le travail plastique. «Ce sont des rencontres très riches. Ces échanges m’inspirent et nourrissent mon travail.»

Plus d’infos: 
Vernissage ce vendredi 12 décembre (16h-18h), dans l’atelier de Charlotte Olivieri (rue du Jura 3, Vevey).

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