Le bus passe au Chêne et à Fenalet… sans pouvoir s’y arrêter

Le bus de substitution EV74 ne s’arrête pas au Chêne et à Fenalet, ce qui suscite de la frustration chez les autorités et certains usagers.  |  K. Di Matteo

Transports publics
L’EV74, qui se substitue au train jusqu’en novembre, n’a pas l’autorisation de faire un stop dans les deux hameaux. Usagers et Commune s’en agacent, le Canton s’en explique.

Place du Marché à refaire, voies à réviser, tunnel à rehausser, pont de Barboleuse à créer: le train Bex-Villars-Bretaye (BVB) est à l’arrêt depuis cinq semaines et jusqu’en novembre. D’ici là, les Transports Publics du Chablais (TPC) ont prévu un bus de substitution, dédoublé à certaines heures pour les écoles: l’EV74, en référence au nombre associé à la ligne de train du BVB. Des haltes ont été définies aux abords des gares non desservies, comme par exemple aux Posses en lieu et place de la station de Fontannaz-Seulaz.

Certains usagers sont toutefois frustrés: l’EV74 ne s’arrête pas au Chêne et à Fenalet, où des arrêts de bus existent pourtant pour la ligne 152, qui continue de circuler et de desservir les deux haltes. Une pétition a circulé pour réclamer ce droit à la demande, moyennant de toucher un mot au chauffeur.

Mais rien n’y a fait. Trop «complexe», selon la Direction générale de la mobilité et des routes, en termes «d’horaires, correspondances, capacité et coûts» et, ajoute-t-elle, contraire à la loi sur certains aspects. «Cela créerait une nouvelle ligne de transport non pérenne, pour laquelle les TPC ne disposent pas d’une concession de transport.»

Un plus le soir

Ces arguments font secouer la tête du municipal Michael Dupertuis. «Où est ce bon sens vaudois qu’on aimerait bien revoir de temps en temps? On connaît les lois, mais là, on ne voit aucun élément qui justifie cette aberration. Il suffirait juste de donner la permission aux TPC durant quelques mois. Notamment pour le soir: le dernier bus 152 qui remonte à Fenalet part à 18h15 de la gare de Bex, contre 21h17 pour le bus qui remplace le train.»

Rien à faire. La DGMR a beau se dire «consciente» que la situation «puisse paraître incompréhensible aux yeux des habitant-e-s», elle maintient sa position. «Nous agissons dans notre domaine de compétence en tant que commanditaire de l’offre régionale, en coordination avec les TPC», comme le confirme Grégoire Praz, directeur de la société de transports publics.

Michael Dupertuis s’en remet donc aux députés régionaux pour lancer un appel de la dernière chance à Lausanne. Les Bellerines Circé Fuchs (Vert’libéraux) et Martine Gerber (Les Vert·e·s) ont relayé la position des autorités communales hier après-midi au Grand Conseil.