
Le centre sportif de la Place large sera remis au goût du jour pour 2 millions de francs. Certains auraient voulu une rénovation complète. Trop chère, selon la Municipalité. | DR
«J’en appelle au respect des uns et des autres.» La mise en garde de la présidente du Conseil communal de Leysin en ouverture des débats sur la rénovation à 2 millions de francs du centre sportif de la Place large jeudi dernier, dit tout des vives discussions qui ont prévalu ces dernières semaines.
Comme l’a rappelé le syndic Jean-Marc Udriot, «à Leysin, chaque fois qu’on parle de centre sportif, ça discute beaucoup, et notamment sur les coûts». Ce fut notamment le cas pour le centre sportif «du bas» de Crettex-Jaquet et c’est rebelote avec son homologue du centre du village.
Un centre vétuste
Les échanges sont néanmoins restés cordiaux. L’essentiel avait probablement été dit en amont du Conseil: les 2 millions ont été acceptés à une très large majorité.
Il faut dire que l’état du centre situé au cœur du village est «mauvais», comme l’a reconnu Vincent Mottier, président de Gestion sportive de Leysin SA et élu de l’Entente leysenoude (qui s’est abstenu pour éviter le conflit d’intérêt). «Il faut que nous puissions avancer et éviter des procédures longues de dix ans comme pour Crettex-Jaquet.»
Le fait qu’aucuns travaux d’envergure n’aient été engagés depuis l’ouverture de 1987 vaut aujourd’hui un effet de rattrapage. La dynamique de diversification touristique exige en outre de revoir l’offre du complexe.
Les travaux prévoient de construire de nouveaux murs de grimpe, de rénover les courts de tennis intérieurs et extérieurs, d’améliorer l’efficience énergétique du bâtiment et de régler un gros problème d’étanchéité.
«Ce centre fuit de partout, j’ai vu qu’il fallait aligner des linges vers les courts de tennis…, a lancé Théophile Cuche, porte-parole de l’Entente. J’ai par ailleurs l’impression qu’on répète certaines erreurs du passé et que ce projet manque d’un fil rouge.»
Brock Fiedler (Entente) a appelé à le refuser. «On agit dans la précipitation, ce projet n’est pas abouti. L’offre de la piscine doit être étoffée. Le padel, c’est une bonne idée, mais pourquoi à l’intérieur, à la place d’un court de tennis qui rendra difficile l’organisation des tournois. Je préconise de tirer 2 millions de francs du fonds de la taxe de séjour et avec les 2 millions dont nous disposons déjà, cela permettrait un projet plus cohérent.»
Shelley Lugon-Moulin (Entente) a carrément déposé un amendement, afin de conserver le quatrième court de tennis – qu’elle juge indispensable au vu de la demande générale et des écoles internationales – en renonçant au padel. Proposition refusée.
Deux autres ont été acceptés: un crédit complémentaire de 120’000 francs pour remplacer l’ascenseur et 30’000 francs pour étudier une solution de chauffage «solaire-thermique» qui limiterait le recours aux énergies fossiles.
Budget de compromis
Daniel Niklès, municipal des sports, ne cache pas la logique de «priorisation». «Les variantes d’une rénovation complète de la seule piscine font état de montants de 7 à 18 millions de francs! L’entier de l’étanchéité, c’est 2,1 millions. Alors oui, nous parons au plus pressé.»
Jean-Marc Udriot a ajouté que «la Commune faisait avec ses moyens». «Les frais d’exploitation sont de 900’000 francs par an pour nos centres sportifs. Nous n’avons pas de sacs d’or cachés.»
Du reste, le budget reste lié à des demandes en cours de subventions et prêts étatiques. Les travaux sont prévus de décembre prochain au printemps 2027.
