Le froid n’a pas eu raison de leur envie de se dépasser

Au milieu des patrouilleurs en préparation, le divisionnaire Raynald Droz (au centre) motive la foule.  | E. Dottrens

Lavey
71 patrouilles volontaires ont pris part au Concours d’armée 25. Ce nouvel exercice militaire, organisé fin novembre dans le Chablais, vise à renforcer la capacité de défense du pays. Reportage.

C’est un vent particulièrement froid qui balaie les plaines du Chablais vaudois, et le jour peine à se lever. Cela n’a cependant pas empêché les près de 300 participants du Concours de l’armée 25, tous volontaires, de prendre place, sous leurs couches de laine et d’uniformes militaires, sur la ligne de départ. Après une nuit sous tente, dans le campement adossé au front bastionné de Lavey, les derniers préparatifs se font sous les flocons, dans une ambiance plutôt bon enfant.

«Pour l’instant il fait un peu froid, admet le premier-lieutenant Hugo Moesching, de la police militaire. On verra quand on enfourchera les vélos, si cela nous réchauffera un peu. Mais on est là pour se dépasser!» «Il ne fait pas très très chaud, abonde son supérieur, le major Darryl Thévenaz. Mais on a hâte de courir, de nager, de faire des postes techniques, ça va être vraiment intéressant.»

Un peu plus loin, la seule patrouille 100% féminine se prépare également. «On est pleines d’énergie, on s’est toutes entraînées de notre côté et on est motivées à fond!», sourit la Neuchâteloise Jade Blanc, soldate en sureté.

Augmenter la résilience

À 8 heures tapantes, le départ est donné par un coup de canon qui résonne jusqu’aux montagnes. 284 militaires se mettent en route sur leurs vélos, direction leur première mission. Il aura fallu deux ans de préparation à la Division territoriale 1 de l’armée suisse pour en arriver là.

Bâti sur les cendres du Swiss Raid Commando, dont la dernière édition remonte à 2009, le Concours d’armée 25 brigue un objectif principal: renforcer la capacité de défense du pays. «Nous avons une génération qui n’a pas appris la résilience, tonne le commandant de la Division territoriale 1 Raynald Droz. De mon temps, les places de jeux étaient en béton. Aujourd’hui, c’est tout juste si on n’appelle pas la Rega à la première coupure de doigt. On doit augmenter cette résilience, non seulement du militaire, mais aussi de la population. Et le Concours d’armée 25 nous permet de faire ça, en mode contraint, en mode rapide, en mode intense.» À de nombreuses reprises pendant cet exercice, le contexte international est abordé pour expliquer les besoins accrus en défense du pays.

Le froid à même la peau

Le jour s’est levé, mais pas la température, alors que le patrouilleur Jonathan Magnin et son équipe du centre de compétence espace de l’armée sortent de l’étang de Chauderet, à Collombey-Muraz. «Il paraît qu’elle est à 5 ou 7 degrés, mais franchement, on ne les sent pas. J’ai hâte de continuer.» Le rapport de l’armée corrige: l’eau était en réalité à trois degrés. Le groupe suivant affronte même ces eaux glacées, sans combinaisons. Une performance louable.

Cette étape est l’une des nombreuses missions qui attendaient les patrouilleurs pour cette première journée. Selon leurs points acquis à son terme, les équipes peuvent choisir leurs missions du lendemain, susceptibles de les amener jusqu’à L’Hongrin, sous près de 30 centimètres de neige.

59 des 71 patrouilles qui avaient pris le départ sont arrivées au bout du challenge. L’armée tire un bilan positif, non sans annoncer que deux patrouilleurs ont dû être amenés à l’hôpital pour être examinés. Leur cas ne présente aucune gravité. Pour les organisateurs, c’est une réussite. De quoi faire perdurer ce concours à l’avenir. L’armée envisage en effet un rythme bisannuel.

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