
Un David Gross satisfait à l’heure de la remise de prix. | M. Rieben
Le Montheysan David Gross et le Veveysan Matteo Santoro, surnommés Cooper & Voldo, dansent ensemble depuis l’âge de 10 ans et se sont fait un nom, entre autres, en remportant le World of Dance Switzerland en 2018. En 2022, ils lancent «Existe» conjointement avec le théâtre montheysan, une initiative qui a rapidement été récompensée, puisqu’une année plus tard, la ville chablaisienne leur décerne le Prix culture.
Pour cette 3e édition, «Existe» a fait un grand pas en accueillant, pour la première fois en Valais, la qualification au concours Red Bull Dance Your Style, remportée par le danseur veveysan «Isma». David Gross nous accorde quelques minutes avant l’effervescence de l’ouverture des portes.
Pour cette 3e édition, le festival s’étend sur deux jours. Pourquoi avoir changé de format?
– Au vu du succès des autres années et de la demande, on a pu rallonger la durée du festival et ça nous réjouit! L’année prochaine on passera même à trois jours. L’un des grands avantages de cette extension est de mettre en avant le gagnant de l’année précédente. Pendant une année, ce dernier bénéficie d’un accompagnement, il a une résidence au sein du théâtre, afin de créer un spectacle long-format d’une heure, qu’il présentera à l’ouverture du festival de la prochaine édition. C’est un moyen de soutenir ces jeunes artistes et leur permettre de professionnaliser leur art.
Le nom du festival, «Existe», est très évocateur. Que signifie-t-il pour vous?
– En discutant avec le directeur du théâtre (ndlr: Lorenzo Malaguerra), il a réalisé que c’était un angle mort de la programmation et qu’il fallait faire exister cette culture-là au sein d’établissements institutionnels. C’est une culture qui a plus de 50 ans, elle a tout à fait sa place dans les théâtres. Cela permet aussi de la crédibiliser et de lui donner une belle image. On bouscule les codes et les gens adorent notre proposition. Ça attire un public très diversifié, autant des jeunes danseurs amateurs, que des professionnels, ou des aînés habitués du théâtre. Parce que l’énergie, c’est universel. Le moment où le danseur est là au milieu et qu’il s’exprime, c’est transgénérationnel.
En tant que montheysan, qu’est-ce que ça vous fait de voir ce festival devenir un rendez-vous incontournable au sein même de votre ville ?
– Franchement, j’en ai les frissons… En grandissant ici, je me souviens que quand je passais devant le théâtre, je rêvais un jour d’y performer. À l’époque, la communauté hip-hop à Monthey était quasiment absente, c’était dur. Je devais constamment me déplacer partout à travers la Suisse pour les événements et compétitions. C’est très fort pour moi de dire qu’avec notre binôme Cooper & Voldo, on plante le drapeau ici, dans ma ville. Et de voir aujourd’hui qu’il y a des voitures qui viennent de Marseille, Paris ou Zurich, c’est une vraie fierté. Les artistes que je regardais à l’écran et que j’admirais étant petit viennent maintenant à notre événement. C’est un rêve de gosse!
