Le jeu vidéo rétro séduit toujours

Une petite fille découvre «Bulpi’s Adventures», le «Super Mario suisse».  | J. Collet

Villeneuve
Consoles vintage, cartouches de jeux cultes et tournois, le Retro Day a animé la halle de La Tronchenaz dimanche. Les fans de retrogaming ont vibré tout au long de la journée.

«Je suis juste vieux», plaisante un trentenaire en reconnaissant les jeux étalés sur la table d’un exposant. Plus loin, un acheteur tente de négocier une carte Pokémon rare. D’autres visiteurs s’attardent devant des créations faites main inspirées de la pop culture. 

En famille, entre amis ou en solo, les amateurs de retrogaming se sont pressés ce premier dimanche de novembre à Villeneuve pour la septième édition du Retro Day. Dans la halle de La Tronchenaz, les 106 stands débordaient de consoles, figurines et jeux d’époque, autant d’objets susceptibles de raviver des souvenirs. 

De nombreuses animations

«Les premières années, les gens venaient le matin pour acheter, et l’après-midi, il n’y avait presque plus personne. Petit à petit, on a dynamisé l’événement avec des animations pour que les visiteurs restent toute la journée», explique Julien Berger, cofondateur de l’événement et président de l’Association La Guilde Retrogaming.

En témoigne l’engouement du public pour le tournoi de Mario Kart Wii, accompagné d’un groupe qui joue en live la musique des circuits. De même, les consoles retrogaming et modernes, présentées par les Associations Geek Cavern et KBird et accessibles en libre service, offrent un véritable voyage dans le temps pour petits et grands. 

Tandis qu’un père de famille se lance dans une partie de «Final Fight», jeu de combat à progression datant de 1989, une petite fille s’amuse avec «Bulpi’s Adventures», le «Super Mario suisse» créé il y a 50 ans par le Vaudois Daniel Roux et proposé pour la toute première fois sur Game Boy Color.

Créations artisanales 

À quelques tables de là, des peluches colorées en crochet attirent le regard. «C’est la première fois que je tiens un stand au Retro Day», confie Noémie Borcard. Entre un Totoro, clin d’œil au film culte d’Hayao Miyazaki, et un Esquié tout droit sorti de «Clair Obscur: Expédition 33», jeu français paru en début d’année et couronné de succès, ses créations trouvent leur inspiration à la croisée de l’univers japonais et de la culture vidéoludique.

«Je fais du crochet depuis une dizaine d’années, mais c’est en février 2024 que je me suis lancée comme créatrice, sous le pseudonyme Noemygurumy», raconte la jeune femme de 31 ans. Depuis, elle a participé à plusieurs conventions comme Polymanga ou Japan Impact à Lausanne où elle réside. «J’aime venir dans des villes plus petites pour rencontrer un public qui n’a pas l’occasion de se déplacer sur l’arc lémanique. Ici, j’ai pu échanger avec des visiteurs venus du Valais, et même de France», note la créatrice.

Objets de collection

De son côté, Gilles Haldi, 29 ans, participe pour la troisième fois au Retro Day en tant que vendeur. Il collectionne surtout des jeux vidéo, des figurines et des cartes Pokémon, qu’il déniche en ligne ou grâce au bouche-à-oreille. «Ce que je préfère, c’est posséder une collection complète plutôt qu’un objet en particulier. C’est aussi une façon d’investir son argent autrement qu’à la banque, dans des objets susceptibles de prendre de la valeur», souligne le Rollois.

Et les prix peuvent monter très haut. Parmi les pièces rares qu’il a vu passer depuis la création du Retro Day en 2019, Julien Berger se souvient d’un display Pokémon de 2007, une boîte scellée de cartes à collectionner, aujourd’hui estimée à 15’000 francs.

Une communauté de passionnés

Dans un monde numérique en perpétuelle accélération, ce qui paraissait neuf hier évoque déjà la nostalgie. «J’ai 28 ans et pourtant la Game Boy Color de mes 4 ans est déjà considérée comme une vieille console», constate Julien Berger. C’est en voulant remettre la main sur la Nintendo DS de son enfance que le Valaisan s’est mis à chiner. Au fil de ses trouvailles, il croise d’autres passionnés qui deviennent des amis. Ensemble, ils créent officiellement l’Association La Guilde Retrogaming en 2021, qui compte neuf membres.

Organisé bénévolement, le Retro Day a à nouveau attiré plus de 2’000 visiteurs cette année. Une belle réussite pour celui qui exerce le métier de technicien frigoriste. «C’est en jouant à Minecraft en PVP, c’est-à-dire en mode joueur contre joueur, que j’ai appris à gérer des équipes, partage Julien Berger. Le jeu vidéo m’a apporté un talent en leadership, des amis dans toute la francophonie, et bien plus encore.» 

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