«Le médecin doit offrir une qualité de présence»

Dans son livre, François Pilet prône une médecine humaniste.  | C. Dervey – 24 heures

Vouvry
Dans «Des regards et des maux», François Pilet livre quelques réflexions et interroge le système en s’appuyant sur certains des souvenirs de 40 ans de pratique et des témoignages de patients.

François Pilet se plaît à rappeler que «thérapeute» vient d’un mot grec signifiant «serviteur». L’enfant de Rossinière a exercé durant près de 40 ans comme médecin de famille à Vouvry avant de «prendre une retraite anticipée à 68 ans». Celui qui réside toujours dans le village du Chablais valaisan s’est attaché à cultiver l’humanisation de sa profession et à la préserver d’une forme de normalisation galopante. «Le rapport médecin-patient, c’est un travail d’équipe.»

De cette réflexion et d’autres, dont certaines qu’il a livrées durant de nombreuses années dans la Revue médicale suisse, il a décidé d’en faire un livre plus «touchy». L’envie de longue date s’est concrétisée début janvier avec la parution de son livre «Des regards et des maux».

Au fil des témoignages et confidences, il préconise un médecin à l’écoute, une médecine «qui prend son temps» et développe le juste langage corporel, «en mettant de l’importance sur le regard, la qualité de la présence». Cela passe notamment par une meilleure intégration de cette dimension dans les formations de médecin, même si celui qui est lui-même formateur admet beaucoup de chemin parcouru dans ce sens.

Il laisse même une chance à l’intelligence artificielle. «Comme beaucoup d’outils, l’IA peut être très utile – notamment pour la prise de notes et les rapports, ce qui laisserait plus de temps au médecin pour son patient – comme elle peut représenter un énorme danger.»

Au fil des pages, le discours sur le «relationnel» s’estompe pour laisser place à un autre plus politique, avec quelques piques au passage, notamment pour les assurances. «Le médecin a une posture d’accompagnateur, mais aussi de témoin, parce qu’on ne dénonce pas assez certaines souffrances.» «L’«indignation» n’occulte toutefois pas l’«émerveillement» pour la médecine, «les deux facettes d’un même joyau».

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«Des regards et des maux», François Pilet, éd. Favre, 24 francs.
Vernissage ce vendredi à Vouvry, salle Arthur Parchet, suivi de la conférence de Stéfanie Monod, spécialiste des systèmes de santé, «Et si on renversait la vapeur?»

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