Le MOB va changer de conducteur en chef

Á la tête d’une entreprise qui compte plus de 500 personnes, Georges Oberson va passer la main en juin 2025.  | B. Maillard – MOB

Trains
Georges Oberson s’apprête à donner son dernier coup de sifflet. Le directeur général du groupe Montreux Oberland bernois prendra sa retraite le printemps prochain. Une page de la vie de cette compagnie ferroviaire va se tourner.

Georges Oberson prépare sa sortie. En juin prochain, lors de l’assemblée générale annuelle, il annoncera son «terminus», après 14 ans à la tête d’une direction qui aura été marquante dans la vie du MOB et de ses sociétés sœurs. Les innovations intervenues sous son règne ont été nombreuses. Mais, plus encore que les réalisations techniques, c’est une richesse humaine que Georges Oberson aura distillée durant son règne. 

Pour lui, l’important, c’est d’abord l’humain. «L’année prochaine, j’aurai 64 ans. Il est temps de tirer la prise! J’arrêterai aussi tous les mandats que j’ai en lien avec la direction du MOB», précise-t-il. Ceci pour mettre ses compétences au service d’un tout autre domaine que le rail, mais il n’en dira pas plus.

Diriger le MOB, c’est être à la tête d’une grosse barque de près de 500 personnes et la nécessité de maintenir un label haut de gamme dans la petite liste des quatre trains prestigieux de Suisse: le Matterhorn Gotthard Bahn (MGB), les chemins de fer rhétiques aux Grisons, le train du Jungfraujoch, et donc, le MOB. 

Quatre compagnies qui contribuent pour une part prépondérante à l’essor du tourisme dans notre pays. Et qui en vivent également. «Sans l’apport du trafic touristique, nous n’aurions pas pu réaliser autant de travaux et d’améliorations pour le trafic régional», relève Georges Oberson.

Première mondiale

Le MOB a été la première compagnie au monde à mettre en service des trains panoramiques, avec en plus, lors de l’apparition du Super Panoramic Express, cette exclusivité de voitures de conduite avec le mécanicien à l’étage et les passagers dans le nez de la machine. Ses rames étaient dessinées par Pininfarina.  

Georges Oberson garde une anecdote en mémoire. Le célèbre designer italien, alors en vacances à Gstaad, rencontre Edgar Styfer, un ancien directeur du MOB. «Vos trains ne sont pas beaux! Je pourrais en dessiner pour vous», lançait-il. Une sortie qui n’était pas tombée dans l’oreille d’un sourd. Ni une ni deux, le contrat était conclu. 

Aujourd’hui, ces rames avec les passagers en tête du train, sont soigneusement entretenues et roulent encore, mais de nouveaux véhicules de ce type ne sont plus autorisés. Raison pour laquelle le nouveau train GPX qui dessert désormais directement Montreux à Interlaken – grâce au changement d’écartement des essieux à Zweisimmen – est redevenu classique au niveau du poste de conduite. 

«Même si ce projet avait été initié avant mon arrivée, le GPX est la réalisation qui me tient le plus à cœur, souligne Georges Oberson. C’est une belle histoire car beaucoup n’y croyaient plus!» Le directeur a su convaincre, l’une de ses qualités premières. 

«Lorsque vous travaillez au MOB, il faut avoir l’humilité d’œuvrer pour l’entreprise avant tout et pas pour votre carrière», assure Georges Oberson. Sollicité ailleurs, pour des postes importants, il a toujours refusé car il voulait finir son parcours professionnel au MOB «avec ce qui aura été sa plus belle fonction». 

Quels défis attendent son successeur? 

«Veiller au côté humain de ladite fonction, annonce sans détour Georges Oberson. Et au niveau chantier, il faudra conduire celui de la ligne des Rochers-de-Naye qui va subir une rénovation totale, avec des travaux qui vont s’étaler jusqu’en 2027.» 

Il faudra aussi gérer le succès du nouveau train GPX. «Des planifications de rames supplémentaires seront nécessaires», estime le futur retraité avant de mentionner la poursuite du développement de l’apport touristique pour la compagnie. «Je partirai en gardant de solides amitiés dans cette entreprise.» On ne peut que lui souhaiter bonne route!

 

«Le Rapiito» du MOB roule au Japon

L’importance de la clientèle asiatique – qui emprunte régulièrement les convois du MOB – a persuadé Georges Oberson de conclure un partenariat avec une compagnie du pays du soleil levant. Des contacts noués précédemment à Osaka lui ont permis de concrétiser son idée avec la Nankai Electric Railway. «C’est un géant là-bas, très diversifié, mille fois plus important que nous», commente-t-il. Dans le cadre de cette amitié suisso-nippone, Georges Oberson n’a pas hésité à habiller un train du MOB aux couleurs nippones. Au printemps dernier, il s’est aussi rendu à Osaka pour inaugurer le «Rapiito», le pendant japonais du GoldenPass Express.

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