
«La bonne entreprise, au bon endroit.» L’expression des conseillères d’État Isabelle Moret et Christelle Luisier Brodard, reprise par le syndic d’Aigle Grégory Devaud lors de la présentation publique du 28 octobre à la salle de l’Aiglon, résume bien la raison d’être du sujet du jour: la SRGZA, pour Système de gestion des zones d’activités.
L’acronyme est aussi imprononçable que «l’enjeu est majeur», a lancé Grégory Devaud, puisqu’il définira les zones d’activités économiques de la région pour les prochaines décennies en déterminant, pour chacune, la nature des activités qui s’y implanteront. Le document élaboré est surtout une obligation légale depuis l’acceptation de la Loi sur l’aménagement du territoire (LAT), votée en 2014. Il concerne les 15 Communes du district d’Aigle, moins les quatre du bout du lac (Chessel, Noville, Rennaz et Villeneuve) qui conduisent la démarche avec la Riviera dans le cadre de l’agglomération Rivelac (voir édition 176, 23 octobre 2024) .
Les centaines de pages sont en consultation publique jusqu’au 21 novembre, au terme de quatre ans de travail et d’allers-retours avec Lausanne pour une validation par le Canton. Les remarques peuvent être formulées en ligne via le site de Chablais Région (www.chablais.ch), l’association de promotion économique régionale qui a coordonné la démarche de la stratégie et organisé la présentation publique.
Un outil prioritaire
Qu’en est-il du contenu dans les grandes lignes? Christelle Luisier Brodard, ministre responsable du Territoire, a pointé une «tendance à la tertiairisation de l’emploi», soit les métiers de services, et l’importance de retrouver «une plus grande diversification» par une priorisation de l’industrie.
D’autant que, vu le dynamisme actuel de l’économie vaudoise, le Chablais nage à contre-courant. Alexandre Repetti, le mandataire chargé du projet, a mis en parallèle la croissance de la population chablaisienne (environ 1,1%) et celle de l’emploi (0,8%). «La différence, ce sont des gens qui s’en vont pour aller travailler ailleurs, et l’illustration d’une tendance à la résidentialisation dans une région déjà résidentielle.»
L’objectif a été fixé à 1’600 emplois supplémentaires d’ici à 2040 (sur un potentiel estimé à 3’800 compte tenu des terrains à disposition), avec un souci de l’équilibre plaine-montagne: 1’350 en plaine et 250 en hauteur.
La conseillère de l’Économie Isabelle Moret a pour sa part insisté sur l’importance de «rester compétitifs» et, en citant le cas de Rolex, d’éviter les départs dans d’autres cantons. «Pour nous, ce document est un outil. Pour vous, j’aimerais qu’il soit une priorité. Par les temps qui courent, je vais vers des entreprises qui subissent des restructurations, alors que moi, je veux couper des rubans.»
