Le saut vertigineux de Fanny Smith

 | Y Genevay – Tamedia

Villeneuve
La championne de skicross s’est senti pousser des ailes vendredi dernier, fendant les airs lors d’un vol tandem en… wingsuit, lors du 15e Acro Show. Sensations garanties.

C’est une Fanny Smith décontractée, fidèle à elle-même, que nous découvrons sous la tente d’information de l’Acro Show, à Villeneuve, quelques minutes avant le décollage. La multichampionne en skicross écoute attentivement les directives des deux experts, Vincent Descols et Ambroise Serrano, avant de s’embarquer pour une expérience unique: un vol en wingsuit tandem.

«Ce saut s’organise de la même manière que celui en parachute tandem classique, c’est-à-dire avec les mêmes marges de sécurité. Mais une fois dans les airs, la sensation est complètement différente. Il y a ce sentiment de flottement qui est propre au wingsuit, qui permet, non pas de chuter, mais de voler sur plusieurs kilomètres et d’atteindre des vitesses dépassant les 200 km/h», explique lors de la préparation Ambroise Serrano, champion du monde dans la discipline l’an dernier. 

Les deux pilotes français sont les seuls à proposer ces vols en tandem. Une idée qui a germé chez Vincent Descols il y a huit ans. «De par ma formation d’ingénieur aéronautique, j’ai toujours aimé développer de nouveaux outils et ainsi augmenter l’aire de jeu que l’on peut avoir dans les airs. On s’est donc lancés dans l’élaboration de ce projet un peu fou. Mais ça n’a pas été une mince affaire, car il a fallu convaincre les gens du milieu que le wingsuit tandem serait aussi <safe> qu’un vol tandem classique!»

Pression maîtrisée

Pour Fanny Smith, ce vol en wingsuit est une première. «Je viens d’une famille de parapentistes, mais, avant aujourd’hui, je n’avais effectué qu’un seul saut en parachute tandem il y a 15 ans. Lorsque j’ai reçu l’appel de la part d’Ivan Reusse (ndlr: l’un des organisateurs de l’Acro Show), j’ai directement accepté sa proposition, car je suis une fan d’adrénaline!» 

Lors du trajet en hélicoptère, la championne du monde de skicross a su conserver son sang-froid, malgré la pression. «De par mon métier, j’ai l’habitude d’effectuer de la visualisation mentale. Elle m’aide à garder mon calme pendant une course. Aujourd’hui, c’est d’autant plus facile, car je suis choyée par mes <gardiens de l’air>. Je me sens en parfaite sécurité. La seule chose inhabituelle est de ne pas avoir le contrôle sur la situation, ce qui ne m’arrive presque jamais.»

Respirer un grand coup et y aller

Ce n’est qu’une fois les portes de l’hélicoptère ouvertes, et le Léman sous ses pieds, que la Villardoue est rappelée à la réalité. «Je n’avais jamais vu mon chez-moi de cette hauteur! J’avoue que le premier pas pour se jeter dans le vide était impressionnant, mais il m’a donné de véritables frissons. S’ensuit une minute où tu as l’impression de voler. Une sensation exceptionnelle!», lâche la Chablaisienne à l’arrivée, quelques kilomètres plus bas.

Une fois les émotions redescendues, Fanny Smith tire un parallèle avec le skicross. «J’aime adopter la <thérapie par le ouf> en compétition lorsque les parcours sont intimidants. Il faut respirer un grand coup, et y aller à fond! Ce n’est qu’une fois le moment terminé que tu penses aux potentiels risques que tu as pris. Ce n’est qu’ainsi que tu profites pleinement de ces expériences.»

Juste le temps de reprendre son souffle avant de poursuivre avec un programme chargé. La skieuse doit déjà se rendre dans l’après-midi sur le glacier de Saas-Fee pour une session d’entraînement sur la neige.

Pari réussi

Pour les organisateurs d’Acro Show, la performance qui vient de se dérouler sous les yeux du public est un pari réussi. «Notre ambition est de rapprocher le monde de l’aéronautique aux autres disciplines sportives, explique Ivan Reusse. Alors qui de mieux que Fanny Smith et Bertrand Piccard comme premiers représentants?» Et pour l’an prochain? «On espère un aventurier connu, d’origine sud-africaine», conclut Ivan Reusse en restant volontairement évasif.

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