
L’école de Corbeyrier aura droit à une rentrée supplémentaire. S’agira-t-il de la dernière? | C. Dervey – Archives 24heures
La rentrée scolaire 2025/26 devait être la dernière pour l’école de Corbeyrier, mais le village chablaisien a gagné un sursis en haut lieu pour sa classe à degrés multiples. «Après analyse de la situation, le Département de l’enseignement et de la formation a communiqué aux autorités par la direction de l’établissement qu’il acceptait de maintenir cette classe, probablement la dernière du genre dans le canton, dans l’attente de la réalisation de nouveaux locaux à Yvorne», explique Cédric Blanc, directeur général de l’enseignement obligatoire (DGEO).
Une exception vaudoise
En effet, la classe de Corbeyrier ne rassemble plus qu’une douzaine d’enfants de 4 à 8 ans, de la 1 à la 4P, soit une classe dite «à degrés multiples». Au-delà des coûts liés à un effectif insuffisant, un manque de sécurité et d’accès à certaines prestations pédagogiques est invoqué par la Direction générale de l’enseignement obligatoire, qui avait validé la décision de la direction des écoles d’Aigle et environs dans son choix de mettre un terme à une «exception difficilement justifiable». La communication de juin 2024 par la directrice des écoles d’Aigle et environs avait eu l’effet d’une petite bombe parmi les parents et autorités: fini l’enclassement dans le village d’altitude, les enfants de Corbeyrier devront descendre à Yvorne ou Aigle.
D’où la décision, dans un premier temps, de clore l’aventure d’une école à l’été 2026. La réaction de la Municipalité ne s’était pas fait attendre, avec une demande de moratoire jusqu’à la rentrée 2028. Trois députées de la région (la Verte Martine Gerber, la socialiste Éliane Desarzens et la Vert’libérale Circé Fuchs, toutes trois bellerines) avaient par ailleurs appuyé la demande des autorités robaleuses au Grand Conseil en novembre 2024.
Ces différents appels, sans compter ceux de plusieurs parents d’enfants scolarisés à Corbeyrier, ont visiblement porté – en partie – leurs fruits et les interlocuteurs se sont retrouvés au milieu du gué.
Combien d’enfants?
La suite? En substance, la Municipalité de Corbeyrier doit amener des projections démographiques suffisamment optimistes pour justifier le maintien d’une classe au village, mais rien n’est moins sûr. «À ce stade, nous avons six inscriptions pour l’année prochaine, c’est la pire année… avec une petite augmentation prévue l’année suivante», explique la syndique Monique Tschumi, heureuse, mais étonnée de la manière d’apprendre la nouvelle de l’année de «gagnée». «Indépendamment du nombre d’enfants, cette classe a sa raison d’être, surtout pour les petits de 4-5 ans, qui seraient obligés de prendre le bus jusqu’à Yvorne.»
Cédric Blanc dit entendre ces arguments, mais il n’en valide pas moins la volonté du Canton. «L’éventuelle décision de fermer cette classe ne se ferait pas de gaieté de cœur, mais elle se justifie. Il est surtout question de garantir une sécurité et un suivi pédagogique optimaux, ce qui est très compliqué actuellement avec des âges aussi différents et les contraintes de déplacement, et de veiller au principe d’équité avec les autres établissements.»
