
Plus d’une décennie après la construction de son site de Praz-Dagoud, le projet d’extension de ce dernier est à l’enquête publique. | Brönnimann & Gottreux
«Le but n’est pas de doubler nos effectifs», annonce d’entrée Jean-Louis Dubler, codirecteur de l’école privée Haut-Lac. Si l’établissement bilingue et international installé à Saint-Légier prévoit d’agrandir son campus de Praz-Dagoud, c’est pour faire face à un impératif. Le bail de son deuxième site, celui des «Roches Grises», se terminera au plus tard en 2036. Situé à 400 m à vol d’oiseau, ce dernier héberge les classes du niveau secondaire.
«Le propriétaire n’a pas souhaité reconduire le bail au-delà de cette échéance», indique le responsable. Et pour cause, ce terrain qui appartient à l’entreprise lausannoise Next Immobilier, est promis à un autre destin. «Cette orientation s’inscrit dans une réflexion stratégique de long terme visant à pouvoir y développer un projet de logement», fait savoir Benjamin Favre, directeur de Next Immobilier.
Après avoir envisagé plusieurs sites, c’est finalement l’extension de Praz-Dagoud – construit en 2014 – qui s’est avérée la solution la plus adéquate aux yeux de la direction de l’école et de la Commune. Conçu par le bureau d’architectes veveysan Brönnimann & Gottreux, le nouveau bâtiment en «L» doit prendre place sur cette même parcelle communale, à côté de l’aire de jeux publique. «Ce parc sera maintenu, tout comme le bosquet d’arbres qui le surplombe», rassure Jean-Louis Dubler, répondant à des craintes émises par le voisinage.
Une contrainte avec des bénéfices
D’un coût estimé entre 25 et 30 millions, entièrement financé par l’école privée, la nouvelle structure de quatre niveaux pourra héberger une vingtaine de classes, ainsi que des laboratoires de sciences, une salle de musique et une cafétéria. Les bureaux de l’administration y seront plus spacieux qu’aux Roches Grises, tout comme la bibliothèque. «C’est une nouveauté: il y aura également un auditorium de 300 places.»
Si cette future réalisation naît d’une contrainte, elle est considérée comme l’opportunité de «partir d’une feuille blanche». «Ce regroupement de l’école en un seul site sera aussi bénéfique, se réjouit Jean-Louis Dubler. La gestion des horaires sera améliorée. Actuellement, lorsque des professeurs ou des élèves doivent changer de site, cela fait sauter une période de cours.» Ce projet d’extension est mis à l’enquête publique jusqu’au 7 mai. «Nous espérons pouvoir démarrer les travaux en 2028 pour un déménagement en 2030.»
Treize élèves au départ
Fort d’un effectif stable de quelque 600 élèves de 3 à 18 ans, l’établissement dispose depuis 2022 de son propre internat. En fonction des degrés, les frais scolaires annuels s’élèvent de 21’800 à 40’600 francs pour les élèves externes, et de 68’000 à 88’000 francs pour les internes.
L’école a été créée en 1993 aux Monts-de-Corsier par deux couples. Aujourd’hui encore, ce sont eux qui assurent la direction de l’établissement. «Nous avons commencé avec 13 élèves, dont nos deux filles aînées, sourit Jean-Louis Dubler. Le but était alors d’introduire une éducation bilingue et internationale dans la région. Nous avons été des pionniers dans le canton de Vaud.»
