
Le festival consacré à l’art de rue draine les foules chaque année en Vieille-Ville. Ici à la place Scanavin. | DR
Si la fin du mois d’août sonne le glas des grandes vacances estivales, les écoliers – et leurs parents – ont encore de quoi se réjouir. Le dernier week-end avant la rentrée promet son lot de spectacles abracadabrants et époustouflants. Du 16 au 18 août, la Vieille-Ville sera animée par des performances circassiennes, entre jonglage et autres acrobaties.
Depuis 1992, des spectacles sont à découvrir à chaque recoin du quartier. Si la crise sanitaire a mis un coup d’arrêt à la manifestation, celle-ci s’apprête enfin à souffler ses 30 bougies. D’événement porté par des commerçants à un rendez-vous international, le festival a gagné en ampleur et en moyens au fil des ans.
Avec un budget avoisinant les 200’000 francs, la manifestation reste gratuite, mais compte sur la participation de chacun. «Les artistes sont défrayés à hauteur de 1’000 francs. Mais leur vrai salaire, c’est celui que l’on met dans le chapeau à la fin des spectacles.» À quelques jours des festivités, son président Luca Carmagnola revient sur les débuts de ce rendez-vous artistique.
Un attachement fort
«Des quatre à cinq artistes, le comité doit désormais choisir une vingtaine de troupes parmi plus de 400 demandes!» À l’origine de l’événement, un groupe de commerçants voulait avant tout faire revenir les gens en Vieille-Ville. L’idée d’un festival dans la rue était née. Alors accessible aux voitures, le quartier était fermé à la circulation durant le festival. «Cela participait à l’ambiance festive et conviviale», souligne Luca Carmagnola.
Depuis, avant chaque rentrée scolaire, les artistes se produisent sur les pavés et drainent un public familial fidèle. Autre signe montrant un attachement fort à cette manifestation: la fidélité des bénévoles. «On les choie, sourit le président du comité. Nous organisons un grand repas de remerciements en octobre et nous tentons de maintenir les équipes soudées tout au long de l’année par le biais de plusieurs rencontres.»
Petite scène, «vrai tremplin»
Avec les années, la qualité et la diversité des performances ont augmenté. «Gagner le Pavé d’Or, c’est devenu un vrai tremplin», abonde le Corsalin. Il détaille le cas du saltimbanque italien Paolo Sperduti, alias Otto il Bassotto, lauréat des éditions 2012 et 2017, lors des 25 ans du festival. «Après avoir remporté le premier prix, il nous a dit que cela lui avait permis de faire décoller sa carrière. Nous avons alors réalisé que la manifestation avait un réel impact.»
Et la suite? «Le festival ne va pas s’agrandir, car il perdrait son esprit et cela compliquerait bien trop la logistique», détaille Luca Carmagnola qui a tout de même un rêve: transformer l’association en fondation. «Cela permettrait de sortir des salaires et d’être plus serein. Pour certains artistes, c’est parfois compliqué de jongler entre plusieurs jobs, même si c’est aussi très enrichissant.»
- 9 scènes en extérieur
- 24 troupes
-150 bénévoles
- 170 spectacles
- 30’000 spectateurs
- 1’850 saucisses de veau

Coco Chanel, Albert Einstein ou encore Mozart: les traits de ces personnages iconiques reprennent vie sous la forme de statues humaines. Avec «Big Names», les artistes de la troupe slovaque vont immanquablement interpeller les passants dans les ruelles veveysannes. Tous les costumes ont été créés après un examen minutieux de chaque célébrité.
Big Names. | DR

Avec «Vitruvium», la compagnie belge Pyronix va faire des étincelles sur la place du Marché. Une performance construite comme une intrigue, installant le récit dans une Venise du XVIIIe siècle. Le tout aux côtés d’un savant déjanté, inventeur d’un «orgue de feu». Un spectacle burlesque et impétueux.
La compagnie belge Pyronix. | DR

«Wise Fools», c’est le nom de baptême de trois circassiennes, originaires de Finlande et d’Afrique du Sud. Leur spécialité: des acrobaties aériennes. Leur spectacle «Trashpeze» offre une énergie explosive avec trois numéros originaux sur le triple trapèze et la balançoire à nuages.
Wise Fools. | DR

Depuis fort longtemps, le cirque fait partie de l’ADN du festival. Nouveauté cette année avec la création d’un stage de cirque pour les plus petits durant la semaine précédant la manifestation. Une fin en apothéose: un spectacle sera présenté le vendredi.
Écoles de cirque Coquino et ZartiCirque. | DR
