
La nouvelle apparence du collège boyard s’inscrit dans son environnement direct. | E. Dottrens
C’était il y a 50 ans. Le collège de Perrosalle – trois bâtiments carrés répondant à la demande aiguë d’infrastructures scolaires – était inauguré. Le 13 décembre dernier, son extension, deux annexes en bois 100% boyard, était dévoilée au grand public.
Encore des transformations prévues
Construit dans une certaine urgence dans les années 70, le complexe de base répondait aux besoins de l’époque avec 40 classes, une piscine et une salle de gymnastique, le tout pour accueillir 550 élèves. Il est arrivé à saturation il y a déjà plusieurs années. Alors si les deux bâtiments inaugurés vendredi dernier accueillent des infrastructures extrascolaires telles que l’UAPE, la bibliothèque, une salle de gym et un réfectoire, donc aucune classe, leur avantage premier, c’est leur adaptabilité aux besoins futurs. «C’est un projet qui va s’adapter, des nouveaux immeubles vont s’intégrer aux nouveaux venus, mais aussi à ceux de l’époque», explique le syndic d’Ollon Patrick Turrian.
Une prochaine étape verra donc la transformation des anciens bâtiments, notamment les infrastructures sportives, qui après rénovation énergétique, deviendront des salles de classes. Par la suite, la Municipalité déposera un crédit d’étude pour une nouvelle piscine qui viendra se poser devant les deux nouvelles infrastructures.
Allier deux époques
Le bureau d’architecte devait relever un important défi pour ce projet. Celui de compléter les trois bâtiments déjà construits tout en faisant correspondre les deux époques architecturales.
Avec leur vue plongeante sur les Dents-du-Midi, les deux nouvelles annexes sont visibles loin à la ronde. Il y a la salle de gym triple, d’abord, la plus imposante des deux, qui domine la route cantonale avec sa façade ouverte et sa charpente géométrique. Et plus à l’est, moins imposant dans sa hauteur que dans sa longueur, le bâtiment des activités extrascolaires répond au premier par ses trames de bois similaires.
Le bois, justement. Coupé à Ollon même, mis en forme entre Rueyres et Yverdon-les-Bains, puis charpenté à Aigle, il est le matériau clé du collège. Même concept local pour le terrazzo (ndlr: revêtement décoratif), que l’on retrouve sur les sols des annexes comme dans les anciens bâtiments. Les pierres et graviers qui le composent sont issus de la plaine du Rhône. «C’était la volonté de la Commune de développer des circuits courts dans les matériaux. Mais c’est aussi l’identité d’Ollon, qui jongle entre la plaine et la montagne, souligne l’architecte Diogo Dos Santos. L’idée de ce projet est vraiment de reconnecter le collège avec son contexte, ce que ne faisait pas la construction de l’époque.»

La journée d’inauguration a vu plusieurs centaines de personnes se réunir pour visiter les lieux. Lors de la partie officielle, une chorale d’enfants et une fanfare ont ponctué les discours du conseiller d’État Frédéric Borloz et du syndic Patrick Turrian. Pour ce dernier, le développement de Perrosalle est une fierté, et il ne s’en cache pas. «Après quinze ans de procédures pour acquérir les terrains, on peut dire que le projet est une réussite. Je ne crois pas que beaucoup d’écoles ces dernières années peuvent se targuer d’avoir été construites avec le bois de leur commune. On peut vraiment en être fiers.» En fin de journée, une capsule temporelle renfermant notamment des craies, des agendas scolaires, des bulletins d’architecture et une bouteille de vin a été déposée dans la cour d’école. Objectif: l’ouvrir dans 50 ans, pour le centenaire de Perrosalle.
Quand de futurs travaux seront nécessaires, l’on pourra découvrir une capsule temporelle de 2024. | BTF EFFECT – Papillon Coasne
