
Présidente sortante du Conseil communal d’Ollon, Caroline Ferrot Gonin a sorti une jolie fournée de bricelets pour la dernière séance de jeudi dernier. | C.Dervey – 24 heures
À Ollon, on sait finir l’année politique en douceur. Lors de l’apéro qui suit le Conseil communal de décembre, pour accompagner les planchettes de charcuterie et le verre de blanc, le président ou la présidente doit régaler l’assistance en… bricelets.
Si l’affaire prête à sourire, on parle d’une tradition bien implantée. «Ça a eu l’air de tenir à cœur à tout le monde, a pu constater Caroline Ferrot Gonin, dont c’était le tour la semaine dernière. On me demandait en avance s’ils étaient prêts.» Fin prêts: jeudi, elle est arrivée avec quatre boîtes pleines. Des ronds pour le sucré, des plats pour le salé. «J’en ai fait environ 200, soit 2-3 par personne.»
Cette amatrice de cuisine, mère de trois enfants, n’a pas hésité à s’entourer d’une assistante de choix pour l’occasion: Christiane, sa maman. «Déjà, je n’avais pas de fer à bricelets. Et puis c’est un exercice délicat. Surtout pour les ronds, il faut le bon timing pour enrouler la pâte autour de la tige en bois avant qu’elle durcisse.»
Souvenirs d’enfance
L’exercice a pris une tournure émotionnelle. «Mes grands-mères en préparaient pour Noël et ma maman en fait encore. Cela a ravivé ma mémoire de petite-fille. Et ça a fait plaisir à ma maman de partager ce moment.»
Pour la recette, l’habitante de Chesières a fait confiance à son livre des Paysannes vaudoises et opté pour la première des trois proposées: un kilo de farine, 800 grammes de sucre, du sel, un litre d’eau, autant de crème double et deux jus de citron. «J’ai par contre renoncé au kirsch ou au vin blanc. Une présidente m’a dit avoir mis une barre de chocolat au milieu. À chacun sa recette.» L’essentiel étant que la tradition perdure. «C’est un peu de patrimoine immatériel de la commune.»
À quand remonte-t-elle d’ailleurs? Caroline Ferrot Gonin ne saurait le dire. Pas plus que Patrick Turrian, le syndic, qui a toujours eu droit à ses bricelets depuis son entrée en politique en 1994. Ni même Jean-Michel Chanson, l’ancien greffe. «En 1984, quand j’ai commencé, les bricelets du président se faisaient déjà.»
Un élément de réponse arrive finalement de l’archiviste communale Andréa Pyroth: «La première mention de ces bricelets date du PV du Conseil communal du
15 décembre 1967.»
«Bricelets du président:» le masculin est resté de rigueur, héritage d’un temps où on n’imaginait guère une «présidente» siéger. «Même si, le plus souvent, on devait les bricelets du président à la femme du président», rappelle Patrick Turrian en souriant.
On connaît l’attachement des Suisses pour les feux d’artifice, en premier lieu ceux du 1er Août ou de Nouvel-An. Le dérèglement climatique et les considérations environnementales ont rendu le sujet doublement sensible et le Conseil communal d’Ollon l’a encore démontré avec un clivage gauche-droite au moment de voter la motion de la Verte Pascale Fesquet: «Pour des fêtes plus durables et innovantes: trouvons des alternatives aux feux d’artifice!». L’élue a notamment mis dans la balance «le CO2, les métaux lourds et poussières fines» relâchés dans l’air et les nuisances sonores occasionnées par les feux, tant pour l’homme que les animaux. Pour ces raisons, elle réclame un cadre plus strict, à l’instar de communes comme Vevey, Morges ou Nyon. Son texte demandait à la Municipalité de réfléchir à des alternatives, de limiter les feux sur le domaine public, d’attribuer les 5’000 francs de participation communale pour le feu du 1er Août à d’autres animations et d’interdire les objets à forte puissance, du moins sur le domaine privé. Le syndic Patrick Turrian a fait valoir un cadre suffisant que l’Exécutif avait déjà resserré, notamment pour préserver les alpages. Plusieurs échanges de conseillers communaux ont animé le débat en appuyant l’une ou l’autre position, mais le vote a été clair. Par 32 non, 17 oui et 6 abstentions, le texte a été refusé.
