Les futures salles de classe seront bien à l’étude

Une image de synthèse de ce que sera le futur collège du Pré-de-la-Cible à Bex.  | gdap architectes. 

Bex
Le Conseil communal a octroyé lundi soir un crédit de 3,4 millions de francs pour fixer les contours de la mue et de l’agrandissement du collège secondaire du Pré-de-la-Cible.

Demandé par le bloc UDC-PLR, un référendum spontané a été rejeté par deux-tiers des conseillers communaux bellerins. Il portait sur la proposition de voir la population se prononcer sur un crédit de 3,4 millions de francs. Cette enveloppe avait été octroyée quelques minutes plus tôt, là encore par les deux-tiers des votants. Elle permettra à l’Exécutif de faire étudier les coûts réels et la faisabilité de l’extension du collège secondaire du Pré-de-la-Cible, au cœur de la Cité du Sel.

C’est une étape importante qui a été franchie par le corps délibérant chablaisien, pour ce que le rapporteur de la commission des finances Marc Mundler (Avançons Ouverture) a qualifié de «plus grand projet de l’histoire de la Commune de Bex». Et pour cause, le dessein global du futur collège, s’il se réalise entièrement, est aujourd’hui estimé à 66 millions de francs. La construction est prévue sur 10 à 15 ans, en trois étapes maximum, mais ce peut être moins. La première, qui coûterait environ 30 millions, débuterait alors courant 2028.

Il faut rappeler qu’à la suite de l’importante expansion démographique ces deux dernières décennies, le manque de structures scolaires est criant à Bex, à tel point que beaucoup d’élèves scolaires sont enclassés dans des conteneurs – ou portakabin selon la dénomination consacrée. Ce qui n’est pas normal et moral pour nombre d’élus, et pas seulement à Bex, mais également contrevient aux dispositions légales en la matière. Dans l’optique de la constitution d’un grand collège – porté sur le fond par absolument tous les élus – 720’000 francs ont déjà été dépensés, notamment pour élaborer le projet gagnant du concours d’architecture.

Ne pas perdre de nombreuses années

Ce n’est pas tant la scolarité et le bien-être des enfants, en filigrane, qui ont occupé majoritairement les plus de deux heures de débat durant, mais la santé financière de la Commune et plus encore des éléments annexes  – bien que liés à l’ensemble du projet. La commission ad hoc chargée de rapporter sur le crédit d’étude était partagée. À tel point qu’au rapport majoritaire de Christophe Siméon (PS) est venu s’opposer celui minoritaire de Baptiste Guérin (PAI-UDC) et soutenu par la quasi-totalité de la droite.

On a donc beaucoup échangé sur des aspects secondaires. Comme le déplacement prévu des courts de tennis (1,7 mio), de l’aménagement des terrains du FC Bex (4 mios), de la transformation du bâtiment de l’Ancienne vinicole en Centre des jeunes, respectivement en bibliothèque-ludothèque (8,1 mios). Un «projet domino» comme l’a avancé Baptiste Guérin qui évoque des «dégâts collatéraux».

On a appris également qu’il faudrait déplacer le local de répétition de l’Harmonie du Chablais, idem pour la cave utilisée par la Société d’alpage pour l’affinage des fromages de Bovonne, raser les halles de la Viticole pour en partie créer des places de parc, etc. La droite a encore proposé d’implanter le nouveau collège ailleurs, alors que l’écrasante majorité du Conseil communal avait accepté l’emplacement du Pré-de-la-Cible en 2022.

Des élus ont quand même recadré le débat sur le but principal du projet. Ce fut le cas notamment de Dario Bucci (Avançons Ouverture): «Donnons-nous les moyens d’étudier maintenant et on corrigera après s’il le faut. Sinon on va encore perdre de nombreuses années. Et cela coûte cher, principalement la location des conteneurs actuels pour 250’000 francs par an. La démographie augmente, nous devons agir. Faisons preuve de pragmatisme. Ce collège, c’est un investissement nécessaire pour que nos enfants aient une scolarité normale, plutôt que de la suivre dans des conteneurs moches.» C’est ce type de démonstration qui a porté au final, et donc la Municipalité s’est vue dotée de moyens pour étudier l’ensemble du dossier. À suivre.

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