
Léonie Pointet et son entraîneur Kenny Guex ont vécu l’aventure JO à fond dans la Ville Lumière. | DR
À 23 ans, Léonie Pointet, la sprinteuse de Jongny, a vécu à Paris ses premiers Jeux olympiques dans une ambiance indescriptible et un public de rêve. Quand on la joint ce lundi après-midi, à peine de retour chez elle sur la Riviera, elle n’a pas encore totalement atterri. «Ce fut une expérience incroyable dans une si belle ville, avec tous ces champions de sports différents. Je n’avais jamais connu cela.»
La veille, elle se trouvait encore parmi les quelque 9’000 athlètes représentant plus de 200 pays, au stade de France, au cœur de cette cérémonie de clôture aussi innovante que celle de l’ouverture. En vedette un certain Tom Cruise, la star hollywoodienne qui, comme dans «Mission Impossible» est arrivé en rappel du toit du stade, puis est reparti en moto. Un clin d’œil à Los Angeles, la Mecque du cinéma, théâtre des prochains JO d’été. «Tom Cruise, je l’ai vu mais de loin, relève Léonie. Pendant toute la cérémonie, j’ai surtout échangé des pin’s avec plein d’athlètes d’autres pays.»
Un souvenir pour la vie
Sur le plan purement sportif, la Jongnyssoise a connu son moment le plus fort en disputant la finale du relais 4×100 m, devant 80’000 spectateurs. Une finale olympique, un souvenir pour la vie. «L’ambiance était indescriptible. Généralement pour les séries aux Mondiaux ou aux Européens, le stade est quasi vide le matin, mais là, c’était déjà plein.»
La Suisse a fini 6e avant d’être déclassée, coupable d’un passage de témoin effectué hors zone entre elle et Mujinga Kambundji, la dernière relayeuse. «Je n’ai pas encore reçu le rapport que nous envoient les entraîneurs après chaque relais. Qui de moi ou de Mujinga a commis la faute, je ne sais pas encore. Peut-être les deux. Une certitude: on a pris tous les risques, peut-être trop, pour obtenir le meilleur résultat possible. Avec une course parfaite, on n’aurait pas été loin de la médaille. Généralement à l’approche du passage de témoin, on appelle la suivante pour qu’elle tende la main vers l’arrière. Mais en l’occurrence, l’ambiance était telle qu’on pouvait crier cinq fois sans être entendue, même si ce n’est pas une excuse.»
Avant ce couac, Léonie avait réussi un superbe virage, sa spécialité, rivalisant avec les meilleures du monde, les Américaines notamment. «J’étais très nerveuse avant de démarrer, puis je me suis totalement libérée», raconte-t-elle.
Revivre son rêve
Sur le 200 m, en revanche, restée à plus d’une demi-seconde de son record personnel, elle n’a pas été à la hauteur de ses attentes, éliminée dès les séries alors qu’elle visait les demi-finales. «J’ai été prise par l’ampleur de l’événement. Je n’ai pas été bonne sur le plan technique, j’aurais dû faire nettement mieux. C’est une grosse déception. Chaque fois qu’une Française courait, le stade entrait en fusion.»
Au total, Léonie Pointet a passé onze jours dans cet incroyable melting pot qu’est le Village olympique et y a pris beaucoup de plaisir. «Vivre ainsi en communauté avec des sportifs venus des quatre coins de la planète, c’était énorme! J’ai notamment fait la connaissance de plusieurs Belges et des Allemands. J’ai aussi beaucoup apprécié l’ambiance régnant dans le camp suisse. Je suis devenue copine avec Binta Ndiaye, la judokate lausannoise, mais aussi avec les Vaudois du triathlon Adrien Briffod et Cathia Schär.»
L’étudiante en physiothérapie aura 27 ans, un âge idéal pour le sprint, lors des prochains JO en 2028. «Je ne veux pas faire trop de plans sur la comète. Je sais que plein de choses, d’imprévus peuvent survenir en quatre ans. Mais oui, cette expérience unique, je rêve de la revivre un jour.»
