Les parapentistes font recours contre la tyrolienne

Les parapentistes locaux ont fait recours contre l’Alpine Zipline, dont la tour de départ se situe sur le lieu d’où ils s’envolent.  | K. Di Matteo

Gryon
Le club local persiste à s’opposer à l’installation déjà réalisée aux Chaux, qui condamne son site de décollage. Il reviendra à la CDAP de trancher.

Après la décision de la Commune de Gryon de lever son opposition déposée en décembre lors de la mise à l’enquête de l’Alpine Zipline, une double tyrolienne de 700 mètres située à l’arrivée de la télécabine de Barboleuse, l’Association Chablais vol libre ne veut pas baisser les bras. Au terme du délai du 3 septembre, le club local de parapentistes a décidé de faire recours et de porter l’affaire devant la Cour de droit administratif et public (CDAP). 

Pour ce faire, Chablais vol libre a pu compter sur le soutien déterminant de la Fédération suisse de vol libre pour couvrir les frais de justice. «Elle a pris l’avis des deux principales écoles de parapente de la région, qui l’ont convaincue du bien-fondé de notre recours», explique Louis Kohler, membre du comité.

Pour rappel, la tour de départ de la tyrolienne, déjà construite, se situe sur la butte d’où s’élancent les parapentistes et deltistes, même si le site n’est pas répertorié comme étant dévolu au vol sur un plan cadastral. 

Un particulier a également fait recours. L’Association pour un tourisme écologiquement responsable (ATER), qui comptait parmi les opposants, a quant à elle renoncé, de même que l’agriculteur exploitant l’alpage, qui invoquait un problème de responsabilités en lien avec la cohabitation de ses bêtes et des usagers de la tyrolienne. Selon Nicolas Pellaton, municipal chargé du dossier, une charte serait en préparation pour préciser les bonnes pratiques «afin de minimiser les risques».

À noter, hasard du calendrier ou non, que la députée Ensemble à Gauche Mathilde Marendaz a déposé le 1er septembre une interpellation demandant «d’améliorer la coordination de la politique du tourisme 4 saisons pour qu’elle soit réellement en adéquation avec les réalités paysannes et l’application du droit». Le texte pointe notamment le cas du plateau de Frience et de la tyrolienne des Chaux. 

Plan B?

Les parapentistes disent avoir identifié un lieu de décollage de substitution en contrebas de l’arrivée de la télécabine, moyennant la taille de plusieurs arbres. «Auquel cas, nous serions tout à fait d’accord de retirer notre recours», reprend Louis Kohler. Problème, les remontées mécaniques ont exclu cette option compte tenu de la proximité des câbles.

Nicolas Pellaton n’exclut toutefois rien pour l’avenir. «Une nouvelle télécabine est prévue en remplacement de l’actuelle. Une fois les contours exacts de la nouvelle infrastructure connus, nous serons disposés à discuter d’un nouveau lieu de décollage.» Celle-ci n’est toutefois pas attendue avant cinq ans au minimum.