
Les propriétaires de ce chalet aux Pléiades s’insurgent contre la nouvelle taxation des résidences secondaires. | DR
C’est ce qu’on peut appeler une augmentation ébouriffante. Une fermette sur les hauteurs des Pléiades de quatre pièces, dont trois sans chauffage et sans eau courante – inhabitable donc une grande partie de l’année – est passée d’une taxe de 222 francs à 1’600 francs par année.
À l’origine de cette augmentation de 721%: l’entrée en vigueur du nouvel impôt sur les résidences secondaires de la Commission intercommunale de la taxe de séjour (CITS) Riviera- Villeneuve le 1er janvier 2023. Si le Tribunal cantonal reconnaît que le «recourant a été très largement défavorisé par le changement de réglementation», la taxe de 1’600 francs demeure toutefois inchangée.
Le cas de ce propriétaire de chalet d’alpage rustique révèle une «inégalité démocratique fondamentale», selon le Groupement des intérêts des propriétaires des résidences secondaires (GDIPRS). «Nous estimons être face à une situation scandaleuse qui permet de facturer des gens qui n’ont aucune possibilité de se faire entendre», s’agace son président Mathieu Janin.
Cafouillage administratif
Le 29 octobre 2025, deux arrêts du Tribunal cantonal vaudois ont écarté deux recours de propriétaires de résidences secondaires situées sur le territoire de la Commune de Blonay-Saint-Légier.
Le montant de cette taxe annuelle est désormais fixé selon le nombre de pièces – chacune étant facturée 400 francs – et non plus sur la base de la valeur fiscale du bien.
En octobre 2024, le désormais ancien président de la CITS Vincent Imhof nous révélait que cette commission était sur le point d’envoyer une proposition de directive – soit de fixer qu’une pièce correspond à un volume minimal de 20 mètres cubes – et avait proposé de geler le processus, afin de régler une large partie des cas litigieux.
Entre-temps, Blonay-Saint-Légier avait déjà statué sur les recours et les opposants déboutés avaient saisi le Tribunal cantonal. Interpellée, celle-ci déclare ne pas être en mesure de répondre à ce stade. «Nous attendons que cet arrêt soit définitif et exécutoire pour aller de l’avant dans ces procédures», souligne la présidente de la Commission de recours en matière de taxes et impôts Lory Balsiger Gigandet.
Des recours encore prévus
«Le tribunal admet le préjudice, mais confirme la taxe. Ce paradoxe démontre qu’il manque quelque chose dans le cadre légal actuel, s’indigne de son côté Mathieu Janin. Les propriétaires en ont marre d’être des vaches à lait que l’on peut traire impunément!»
Sur la septantaine de membres de l’association, une dizaine ont déjà vendu leur bien immobilier depuis la révision de cette taxe. Des ventes déclenchées par un manque de moyens financiers pour payer cet impôt supplémentaire, toujours selon le président du groupement.
Le GDIPRS souhaite dorénavant faire appel au Grand Conseil, afin d’intervenir sur la question et faire changer le système. Il a désormais jusqu’au 29 novembre pour décider s’il décide de contester les décisions du Tribunal cantonal. «On va continuer à faire recours, car l’histoire n’est pas du tout réglée», prévient Mathieu Janin.
Contactée, la présidente de l’Entente intercommunale sur la taxe de séjour et sur la taxe sur les résidences secondaires Riviera-Villeneuve ne souhaite pas s’exprimer à ce sujet pour l’heure. «Nous avons prévu de communiquer sur ces décisions, mais ceci au terme du délai référendaire, soit à partir du 1er décembre 2025», annonce Christine Chevalley. Affaire à suivre.

Mathieu Janin , président du GDIPRS
