Les stars du bûcheronnage aux petits oignons

Le Canadien Marcel Dupuis à l’entraînement à Aigle en vue des championnats du monde de Milan ce week-end.  | K. Kryenbühl

Aigle
Comme l’an dernier, les Nord-Américains sont à l’entraînement avec les Suisses dans le chef-lieu à quelques jours du championnat du monde. Christophe Geissler prend plaisir à les choyer.

Ils y ont pris goût à l’air du Chablais, les «bûcheronneurs» américains et canadiens! L’an dernier, ils étaient déjà passés par Aigle pour peaufiner leur préparation à la veille des championnats du monde de Toulouse. Cette fois, le raout mondial aura lieu à Milan de vendredi à dimanche, d’où l’avantage de disposer d’un stamm à 3 heures de là pour dégommer des bûches à la hache ou à la tronçonneuse et opérer aux derniers réglages sur leurs machines.

Comme à la même période il y a pile un an, les professionnels d’outre-Atlantique se sont réunis hier et aujourd’hui avec leur staff dans une halle de l’agriculteur Jean-Luc Mayor pour les dernières passes d’armes. L’équipe de Suisse a déjà attaqué l’entraînement lundi, avant d’être rejointe par leurs futurs adversaires, mais néanmoins frères de passion.

Car au-delà de l’aspect sportif, il y a la convivialité et le plaisir de faire découvrir une région. Christophe Geissler, multiple champion suisse et membre du team de Suisse, s’est fait un point d’honneur d’accueillir ses hôtes dans les règles de l’art. «Déjà l’an dernier, ils m’ont dit avoir été aux anges, explique l’Aiglon de 51 ans. La fondue à Solalex a été particulièrement appréciée, la séance photo au château aussi. Certains, je les connais depuis longtemps, du temps où je participais aux championnats états-uniens. C’est cool de les revoir dans un cadre sportif et convivial.» 

140 blocs calibrés

Mais cette convivialité a un coût, en heures de travail surtout. «C’est sûr, c’est du job, confirme le chef du Service des forêts du chef-lieu. Je commence 2-3 semaines avant. Heureusement, je peux compter sur mon fils Melvin (ndlr: lui aussi compétiteur de bûcheronnage) et les jeunes du club.»

La préparation des blocs de bois, que les athlètes fendront ou découperont, constitue le gros morceau. «J’en prévois 140, soit à peu près 20 m³.» Du peuplier, en l’occurrence, patiemment mis de côté ou acheté au Groupement forestier des Agittes. «J’ai un accord de longue date, il nous fournit aussi pour les entraînements du club. Je privilégie une essence plus tendre, le pin Weymouth, moins abrasif pour les scies.»

Avant de subir les assauts sauvages des cracks de la discipline, les bûches auront été calibrées minutieusement: entre 65 et 80 cm de long et, surtout, 46 cm de diamètre, comme en compétition. «Pour la découpe, j’ai une machine chez moi. Si les bois ne sont pas trop gros, ça me prend une minute par unité pour dérouler et plastifier.»

Les stocks soigneusement emballés, il a encore fallu louer la halle, y monter une scène suffisamment solide pour accueillir 3-4 compétiteurs à la fois, affûter les haches suisses – «Je me fais aider par un ami australien» – et prévoir de quoi sustenter la quinzaine de bûcherons et leur staff, soit une vingtaine de personnes au total.

Toute cette troupe se mettra en route pour la capitale lombarde jeudi matin, non sans une dernière soirée fondue dans un endroit qui reste à convenir. «Solalex, ils ont trouvé magique. Il faut que je trouve un autre endroit qui en jette!»

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