L’idée d’un centre multisports germe sur la Riviera

Le groupe «Réflexion-Avenir» en est persuadé: la parcelle identifiée par leurs soins serait idéale, car proche des infrastructures sportives de Praz Dagoud déjà existantes.  | DR

Saint-Légier
Sous l’appellation «Réflexion-Avenir», plusieurs citoyens ont élaboré les lignes d’un nouveau projet pour faire face au manque d’infrastructures dans la région.

«Nous avons déjà passablement de retard sur la Riviera. De nombreux clubs de la Riviera doivent refuser de nouveaux membres, faute d’infrastructures adaptées. Il est donc temps d’insuffler un nouvel élan!» Ancien député libéral, Éric Rochat est l’un des initiateurs du groupe «Réflexion-Avenir». 

Ce médecin généraliste à la retraite, ainsi que plusieurs entrepreneurs saint-légerins se sont réunis depuis plus d’une année. Soutenus par plusieurs dirigeants sportifs, ils ont un objectif en tête: celui de proposer aux Municipalités du district un complexe qui réunirait activités sportives et de loisirs. Ce dernier est imaginé sur des terrains agricoles à «Pangires», au nord des terrains de football de Praz Dagoud et de l’école privée internationale du Haut-Lac. 

«Nous avons identifié une partie d’une parcelle proche des infrastructures déjà existantes, mais cela pourrait très bien être ailleurs, analyse Guy Marti, un autre membre du groupe. L’important est de développer à terme des surfaces sportives pour toute la région.» 

Des coûts conséquents

«Réflexion-Avenir» a fait appel à un bureau d’architecture pour élaborer un plan de situation sur près de 70’000 m². Ce dernier comporte deux nouveaux terrains de foot, deux de basket, un de rugby et un autre à définir selon les besoins. Mais encore: une salle de gym triple, une piscine de 25 m, une salle de sports de balles (handball, padel, tennis), sans oublier des vestiaires, des locaux techniques, ainsi qu’une buvette. «Ce complexe entre dans l’esprit du contre-projet à l’initiative populaire sur le sport accepté par les députés en juin dernier, poursuit Guy Marti. Il s’inscrit à proximité d’une zone de sports et de loisirs déjà existante.» 

Celui qui est également délégué des commerçants et artisans de Saint-Légier imagine un calendrier allant de 5 à 20 ans, «selon les besoins et moyens financiers à disposition des éventuelles parties prenantes». Quant aux coûts, difficile pour l’instant d’en articuler avec précision, mais ils seront «conséquents et devront être supportés à la fois par des privés et les instances publiques».

Réfléchir ensemble

Cela reste pour l’instant qu’une idée, mais elle fait son chemin. Plusieurs échanges ont en effet eu lieu, entre autres, avec la Municipalité de Blonay-Saint-Légier et le Service vaudois de l’éducation physique et du sport (SEPS) depuis fin 2024. 

Un des plus grands écueils à surmonter devrait être la législation. En réponse à une interpellation des Verts préoccupés par l’avenir de cette parcelle, la Municipalité a récemment rappelé «que conformément au droit fédéral et cantonal, les surfaces d’assolement bénéficient d’une protection stricte» et que «leur déclassement n’est possible qu’en dernier recours et à la condition que toutes les autres options aient été étudiées et écartées à l’échelle régionale». 

Des études en cours, il y en a justement deux. La première est un inventaire des infrastructures existantes et des besoins au niveau régional lancé en automne dernier. «Il permettra de déterminer un développement efficient. Où doit-on implanter tel ou tel sport, et est-ce qu’il faut forcément les regrouper dans un seul et même complexe? Nous devrons le déterminer au niveau de toute l’agglomération», note Thierry George, municipal de l’urbanisme. «Il est temps que les Communes réfléchissent ensemble non plus seulement selon leurs propres prérogatives, ajoute le syndic Alain Bovay. Cette initiative de <Réflexion-Avenir> a eu le mérite de faire avancer la réflexion.»

Des espaces limités

La seconde analyse est à trouver auprès du Canton. Une étude pilote sur les besoins en infrastructures a été effectuée en Haute Broye. «Nous devons analyser ses résultats, informe Cédric Bovey, chef de service du SEPS. Ils nous aideront à établir les bases du futur mandat pour un inventaire au niveau cantonal.» 

Le Canton s’appuiera sur cette enquête pour ensuite accompagner les Communes. «Si chacune d’entre elles veut un nouveau terrain de foot, ce ne sera pas possible… Les espaces à disposition sont limités et il faut aussi mettre dans la balance les autres besoins pour la population», rappelle le responsable cantonal. La fin du match est donc encore loin d’être sifflée, mais la rencontre est au moins lancée.

Cédric Bovey Chef de service du Service vaudois de l’éducation physique et du sport

Si chaque commune veut un nouveau terrain de foot, ce ne sera pas possible…”