Marc-Henri Duc range sa combi rouge

Marc-Henri Duc (à dr.) passe le flambeau à Pascal Brunner à l’ESS de Villars.  | DR

Villars-sur-Ollon
Le directeur de l’École Suisse de Ski prend sa retraite après 34 ans en fonction durant lesquels il a vu la société grandement évoluer. Il revient sur plusieurs moments qui ont marqué son parcours professionnel.

À Villars, une page se tourne: Marc-Henri Duc tire sa révérence à l’École Suisse de Ski (ESS). Officiellement du moins, car on ne quitte pas une famille telle que celle-là, surtout après 34 ans à la diriger. Le Villardou, qui a fêté hier ses 63 ans, a remis le flambeau à Pascal Brunner au début du mois. 

Marc-Henri Duc, racontez-nous comment l’aventure a démarré…

J’ai commencé en 1982 comme auxiliaire pendant deux semaines – parce que j’étais engagé à l’armée, puis une saison l’année suivante. J’ai tellement aimé ça que, à force de repousser mon entrée à l’École hôtelière de Lausanne, j’ai oublié l’idée pour me consacrer à l’ESS. En parallèle, j’ai passé ma patente de cafetier-restaurateur, tenu cinq ans le restaurant du tennis-club de Montreux et même été assureur durant trois ans! Quand on m’a proposé de devenir directeur de l’ESS, j’ai donné mon accord pour 2-3 ans, histoire de voir ce que cela donnerait. J’ai fini par me convaincre qu’il y avait la possibilité de transformer une école de taille déjà enviable en quelque chose d’important.

Qu’est-ce qui a changé en 34 ans?

Le chiffre d’affaires a été multiplié par huit, le nombre de profs par six pour atteindre 310 collaborateurs aujourd’hui. Nous avons poussé sur la formation et l’accueil clients. Nous avons initié un concept de cours sympas et bienveillants à une époque où on insistait surtout sur l’apprentissage de la technique. Mais un cours de ski, ce n’est pas un cours à l’armée! Comme l’avait résumé l’ancien directeur et syndic Michel Dätwyler: «Je préfère avoir un prof de ski qui sait jouer de l’accordéon qu’un champion du monde.» Sur des skis, un multimilliardaire devient Monsieur tout-le-monde et on se marre. Dernière évolution dont je ne suis pas peu fier: l’uniforme. Avant, les profs choisissaient le pantalon de la couleur qu’ils voulaient et un haut rouge à bande blanche de la marque de leur choix. J’ai institué qu’on ait tous le même, rouge de haut en bas et de la même marque, ça avait plus de gueule! (rires) Enfin, l’arrivée de l’enneigement mécanique m’a aidé à mieux dormir en début de saison. 

Votre plus grande fierté?

Que mes enfants Axel et Anaïs et mon épouse Fabienne soient aussi devenus profs de ski.

Comment se présente la retraite ?

Sans les centaines de mails et de messages dans les groupes WhatsApp des collaborateurs ou des clients. J’ai aimé cette pression, mais j’ai fait le tour, même si je ne vais pas tout lâcher comme ça. Ce matin encore, j’étais au bureau, je reste sociétaire et je fais partie des 100 profs qui vont bosser tous les jours cet hiver. Par contre, je vais pouvoir envisager les voyages que je n’ai pas faits, m’occuper de mes petits-enfants, me lever et me demander: qu’est-ce qu’on fait aujourd’hui?