« Même en hiver, on s’éclate sur le Léman »

De g. à dr: Jonathan Viey, Yann Monbaron, Loïc Jacot, Sophien Tallouch, tous membres de l’équipe Reedin Swiss, sont équipés pour affronter les vagues, même en période hivernale.  | DR

Kitesurf
Basée à Montreux, la cinquantaine de membres de Reedin Swiss s’adonne à son sport en toute saison. L’équipe en fait aussi aux quatre coins du monde sur des sites mythiques.

Lors de la sortie du jour, la météo est peu clémente autour du Léman. De la pluie mêlée de neige et une bise soufflant à tout rompre. Un temps à ne pas mettre un pied dehors. Mais les conditions étaient idéales pour pratiquer le kitesurf. Plusieurs «riders» de Reedin Swiss en ont profité pour s’éclater plusieurs heures à Saint-Sulpice sur des vagues déchaînées. «Ça roillait et on faisait des sauts de 10 mètres de haut! C’était l’apocalypse, mais c’était juste génial», raconte, des étoiles dans les yeux, Jonathan Viey (42 ans), le cameraman du groupe.

Fondé en 2020 par Yann Monbaron (40 ans), le Reedin Swiss compte aujourd’hui une cinquantaine de membres, en grande majorité masculins, âgés de 30 à 45 ans. Reedin est une marque hollandaise de kitesurf très connue qui les sponsorise. Pour ces mordus de planche, «le kitesurf est un sport de glisse très addictif, avec beaucoup d’adrénaline. Mais c’est aussi plus que cela. C’est une famille, une communauté». 

Plus c’est haut, plus c’est beau

Toujours attentifs à la météo, les Swiss Riders se fixent des rendez-vous 48 heures à l’avance dès que les conditions s’annoncent favorables. «Indépendants pour la plupart, on peut généralement se libérer quand une fenêtre s’ouvre, explique Yann Monbaron. Et Jonathan Viey d’ajouter: «Quand retenu par des obligations, on ne peut pas y aller, alors qu’on sait que les autres surfent, c’est très frustrant, même horrible.» En cas de bise du Sud-Ouest, leurs terrains de jeu préférés se trouvent à Saint Sulpice ou au large de Versoix. Si le joran ou le foehn se lèvent, c’est à Clarens ou au Bouveret qu’ils se retrouvent.

Entre vitesse pure et acrobaties dans les airs, les plaisirs sont variés. «Il nous arrive de pousser jusqu’à 40-50 km/h en jouant avec les vagues. Je peux vous assurer que ça secoue!», relève Yann Monbaron. Côté figures, le choix ne manque pas. Un salto arrière s’appelle un backroll. Un board off consiste à retirer et remettre sa planche en apesanteur. S’éjecter vers l’avant, c’est un kiteloop. «On peut faire des sauts à près de 15  mètres de haut. Entre nous, c’est à qui montera le plus haut, détaille le fondateur. On regarde ce que font les autres, on se challenge, puis on publie les photos et les vidéos sur les réseaux sociaux.» 

Du snow à l’escalade, en passant par le saut en parachute, les sports de glisse n’ont plus de secret pour Jonathan Viey. Mais pour lui, le kitesurf reste à part. «Les autres sports, on s’en lasse au bout de quelques années, le kitesurf jamais.»

Attention aux requins!

Outre sur le Léman, les Swiss Riders s’amusent aussi loin de leur base. «On descend régulièrement au sud de la France avec notre van aménagé, à Montpellier ou à Leucate où le mistral et la tramontane soufflent 365 jours par année.» Récemment, une dizaine d’entre eux ont passé une semaine inoubliable à s’éclater sur les eaux translucides de la mer d’Emeraude à Madagascar. 

Du Brésil à l’Île Maurice, du Sri Lanka à l’Afrique du Sud, les lieux incontournables du kitesurf ont de quoi faire rêver. «Plus jeune, j’ai fait un tour du monde de huit mois avec tout mon matos, se remémore Yann Monbaron. J’ai aussi surfé dans des endroits craignos, comme en Australie, sur une mer infestée de requins-bouledogues. Heureusement, ça c’est bien passé, même si je sentais que je n’étais pas seul.»

Les Swiss Riders ne loupent pas non plus le Woodstock du kitesurf, une méga fête début octobre à Tarifa, tout au sud de l’Espagne. Ce site est considéré comme l’un des meilleurs d’Europe. «II y a des kites partout à l’horizon. On découvre des nouvelles technologies, on regarde des vidéos… Et après de grosses sessions, on fait la fête jusqu’au bout de la nuit!»

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