«Mon rêve est resté longtemps enfoui»

Le Corsalin Edmond Fahrni s’engage depuis plus de 10 ans avec Graine d’Espoir pour soutenir des projets humanitaires à l’étranger. Aujourd’hui, il souhaite poursuivre son engagement en Suisse en faveur des enfants atteints dans leur santé.  | P. Hess

Gens d’ici
Edmond Fahrni n’a pas eu une enfance dorée, mais il a su donner vie à son rêve: aider les démunis. Avec son association Graine d’Espoir, ce Corsalin a œuvré en Inde et au Népal et souhaite désormais permettre à des enfants d’ici gravement atteints dans leur santé de réaliser leur rêve.

«Ma mère adoptive me disait: <Fiston, si tu tombes relève-toi et tu seras encore plus grand…> Eh bien, je devrais être un géant!» Ces mots extraits du recueil poético-biographique d’Edmond Fahrni reflètent bien l’homme et sa force de caractère. «Je me suis fait seul et grâce à l’amour de mes parents adoptifs», résume-t-il, en écho à son parcours de vie peu commun.

Il nous reçoit dans son appartement à Corseaux, où il vit avec sa compagne de longue date. Sur la table du salon, des albums photo, témoignages de ses voyages en Inde et au Népal avec son association Graine d’Espoir. Edmond Fahrni évoque avec émotion les projets concrétisés: la construction d’une école à Hunsur pour les enfants de la tribu des Adivasi, inaugurée le 26 janvier 2017, jour de ses 70 ans; l’édification de bungalows pour des enseignants dans des villages près du Mont Everest; ou encore la participation à la construction d’un immeuble pour l’ONG Maher, pour accueillir des personnes abandonnées et avec handicap. «Mon but là-bas est atteint et pour des raisons de santé aussi, je souhaite maintenant réaliser le rêve d’enfants d’ici gravement atteints dans leur santé, ou contribuer à une dépense pour améliorer leur bien-être.»

Chez les vanniers

D’où lui est venu ce désir d’aider son prochain? «C’était mon rêve depuis toujours. Il est resté longtemps enfoui, faute de moyens financiers», confie Edmond Fahrni. Retour en 1947. Peu après sa naissance, sa mère génétique et son compagnon le remettent à des gens du voyage. Deux ans plus tard, l’enfant est retrouvé par la gendarmerie et confié à un couple de Morgiens. «Ils étaient de conditions très modestes, mais travailleurs et aimants. Ils m’ont appris à ne jamais abandonner.»

À 8 ans, il décroche son premier petit boulot comme livreur pour une épicerie. Après une école de commerce, il se lance dans les études et obtient un brevet en comptabilité. Il travaillera durant 40 ans au Service des eaux de Vevey et donnera des cours au Centre professionnel de Montreux, tout en s’investissant dans la vie publique, notamment comme commandant des pompiers à Corseaux et assesseur à la Justice de paix. Ce père de deux enfants, et depuis quelques années trois fois grand-père, se passionnera aussi pour la botanique, se formera aux Fleurs de Bach et à la photographie.

Cap sur la Suisse

Le récit de son parcours se ponctue d’anecdotes, qu’il relate avec émotion. Comme, lors de l’un de ses premiers voyages en Inde, la vision d’un petit garçon adivasi jouant avec un bout de plastique, qui l’a convaincu: c’est dans ce pays qu’il apporterait son aide.

Graine d’espoir est soutenue par six donateurs fixes et deux sponsors importants financièrement. Elle collabore avec l’Association Rêves Suisse dans le cadre de sa nouvelle orientation vouée aux enfants avec un lourd handicap ou une grave maladie, ou ayant besoin d’un soutien financier pour l’acquisition d’aides techniques spécifiques.

«À ce jour, nous avons réalisé un premier rêve, celui d’une jeune fille gravement malade qui souhaitait visiter Londres. Nous invitons les parents concernés à nous soumettre leur demande.»

www.grainedespoir.ch