«Monthey est une équipe très jeune, il faudra être patient»

Cette saison, José Gonzales Dantas essaiera d’amener le plus loin possible les joueurs du BBC Monthey en Swiss Basketball League, la première division du pays. | N. Acri

Basketball
Après avoir notamment entraîné l’équipe féminine de Troistorrents, l’Espagnol José Gonzales Dantas entamera samedi au Reposieux contre Pully sa première saison comme coach principal du BBC Monthey. À 35 ans, il a déjà une incroyable carrière internationale. Interview.

José Gonzales Dantas, après avoir remplacé Chris Chougaz en février dernier, vous entamez votre première saison comme entraîneur principal du BBC Monthey. Vous sentez la pression?
– Non, pas vraiment. Nous avons une équipe très jeune de 22 ans de moyenne d’âge. Sur 11 joueurs, 7 ont entre 19 et 20 ans. Ils ont beaucoup de talent, ils sont super motivés, ils ont envie, ils aiment travailler, mais il faudra être patient. Nous aurons besoin de temps. Il y a beaucoup d’incertitudes liées à cette jeunesse.

Et puis vous n’avez que deux étrangers, alors que quatre sont autorisés…
– Oui, c’est vrai. Ce sont deux Américains: Steve Robinson, ici depuis trois ans, mais qui, blessé la saison dernière, n’a disputé qu’un match depuis Noël, et Kendrick Tchoua, un nouveau venu. Les deux correspondent parfaitement au basket que je prône, un jeu le plus rapide possible, avec beaucoup de possessions de balle.

Monthey a l’avantage d’être une ville de basket. De quoi vous donner des ailes cette saison?
– Monthey possède le meilleur public de Suisse et je vais demander aux supporters d’être à fond derrière nous. Après chaque match, gagné ou perdu, je reste toujours à la salle pour discuter avec tout le monde, j’aime avoir des contacts. Et j’invite toujours mes joueurs à en faire de même.

En février dernier, vous avez repris une formation moribonde et vous avez réussi à l’amener en play off. «José a redonné à cette équipe l’envie de jouer», avait même déclaré le président Claude Pottier.
– Après des débuts difficiles, nous avons gagné trois matches de suite et perdu en quarts de finale contre Fribourg. L’équipe avait plus d’envie, plus d’intensité. Je suis quelqu’un d’ouvert, mais très exigeant avec moi-même, comme avec les autres. J’essaie de contrôler mes émotions, même si je n’y arrive pas toujours. Je peux être assez impulsif. À Troistorrents, j’avais pris cinq matches de suspension pour m’en être pris à un arbitre, après une défaite d’un point contre Nyon, mais seulement les yeux dans les yeux, sans le toucher.

Jeune coach de 35 ans, vous avez déjà vécu plusieurs expériences à l’étranger.
– Comme j’étais un joueur moyen et trop petit (1m75), j’ai déjà commencé à entraîner à 16 ans dans mon village de Pozoblanco près de Cordoue en Andalousie, et j’ai continué pendant mes études de sports et sciences à l’Université de Grenade. J’avais 25 ans quand j’ai dirigé ma première équipe hors de l’Espagne, en Islande. Puis j’ai été coach assistant de plusieurs formations féminines: l’équipe nationale de Jordanie, Dynamo Koursk en Russie et Sopron Basket en Hongrie avec qui nous avons disputé le Final Four de l’Europa League, le sommet du basket européen. J’ai peu vu ma famille et Maria, ma copine qui travaille dans une crèche en Andalousie. Mais je suis comme ça, j’aime découvrir de nouvelles cultures en allant entraîner à l’étranger.

Quels souvenirs gardez-vous de la Jordanie, un pays musulman?
– La religion là-bas est pratiquée de manière modérée. Même interdit, on trouve de l’alcool dans certains bars. Mais un jour, nous avons joué contre l’Iran où toutes les filles étaient recouvertes de la tête au pied, sauf les mains et le visage, c’était assez déroutant!

Après avoir vécu ces expériences, vous avez débarqué à Troistorrents, où vous êtes resté trois ans. Cela a dû être un sacré dépaysement…
– Je venais de Koursk, une ville d’un demi-million d’habitants. Au début, je me demandais ce que je faisais là, je vivais dans le petit village de Val-d’Illiez. Puis je me suis rendu compte à quel point ce club familial était attachant. J’ai appris le français. J’ai partagé des raclettes après les matches avec le public. Je suis allé faire de la peau de phoque avec les supporters. Je me suis parfaitement intégré! Cette région est superbe. Avec l’équipe, nous avons atteint deux fois les demi-finales du championnat, et une finale, que nous avons perdue contre Elfic Fribourg.

Vous ne regrettez pas l’Espagne, un pays où le basket est plus populaire qu’en Suisse?
– Barcelone et le Real jouent devant 10’000 spectateurs en moyenne. Le basket en Espagne est le sport numéro deux derrière le foot. En Suisse, c’est différent. Il y a le ski, le hockey, le foot… La concurrence est beaucoup plus vive.

Vous devez nourrir de grandes ambitions pour l’avenir…
– Je rêve forcément d’aller le plus haut possible, mais pour l’heure je suis concentré à 100% sur Monthey. Même si certains joueurs étudient ou travaillent à temps partiel, nous avons un rythme de pro, avec des entraînements tous les soirs et trois matins par semaine. Je n’ai pas le temps de réfléchir à autre chose.