Montreux HC est enfin de retour en LNA !

Grâce à sa victoire 3-0 contre les Argoviens, Montreux fête son retour en LNA.  | DR

Rink hockey
En dominant Vordemwald 3 matches à 0 en finale des play off, les Montreusiens ont assuré leur promotion. Ils retrouvent le plus haut niveau après quatre saisons.

La bière coule à flots dans le vestiaire du Montreux HC, des cris de joie résonnent, ça chante, ça danse. En ce samedi soir à la salle du Pierrier, la douce euphorie se teinte d’une forme de soulagement après une si longue attente.

Grâce à sa victoire 3-0 en finale des play off contre les Argoviens de Vordemwald, Montreux HC, relégué en LNB en 2022, fête son retour en LNA. Une juste place, eu égard à son palmarès et à son histoire. Fondé en 1911, le club de la Riviera est non seulement le plus ancien, mais aussi, et de loin, le plus titré du pays, pas moins de cinquante fois champion national.

L’entraîneur-joueur portugais Rui Cova ne pouvait pas rêver plus beaux adieux. Arrivé l’année de la relégation, il a décidé à 42 ans de se retirer au terme de cette saison. Sa carrière hors norme finit donc en apothéose. Il a notamment évolué avec le mythique Benfica Lisbonne et été sacré dans sa jeunesse champion du monde U20 avec le Portugal. 

Un grand Monsieur s’en va

Micro en main, le président Thomas Rinsoz lui a rendu un bel hommage. «Aujourd’hui, on ne célèbre pas seulement un titre, mais un homme aussi, un vrai leader dans les bons moments comme dans les plus difficiles. Rui, c’est un honneur de t’avoir eu parmi nous!», a-t-il lancé alors que les juniors du club, crosses en main, réservaient une haie d’honneur au futur retraité. C’est son coéquipier et compatriote Marcos Pinto qui lui succédera.

«J’ai le sentiment d’avoir fait mon travail, je peux partir la conscience tranquille», confiait Rui Cova, très ému, après cette si belle sortie. Ces quatre dernières saisons, son équipe avait échoué en demi-finale des play off, mais il y a toujours cru. Samedi, sa ténacité a enfin été récompensée. «Intègre, humain, Rui apporte toujours beaucoup d’énergie à l’équipe. C’est un grand Monsieur du rink hockey qui s’en va», résumait le Français Ronan Ricaille, le goleador, auteur de plus de 50 buts dans ce championnat.

Un but qui vaut de l’or

Le Montreux HC a signé cette saison un sans-faute historique en alignant 20 victoires en autant de matches. Menant 2-0 dans la série, un nouveau succès suffisait pour décrocher une promotion tant espérée. Les joueurs de la Riviera, couteau entre les dents, déterminés comme jamais, ont d’emblée fait le siège du but argovien, emmenés par leur duo portugais. C’est comme s’il n’y avait qu’une équipe sur le parquet et l’ouverture du score dès la 7e minute par l’inévitable Ricaille est tombée logiquement. Quand juste avant la mi-temps Alexandre Niclass a doublé la mise sur contre-attaque, alors que Montreux jouait en infériorité numérique, l’affaire semblait pliée. 

Mais après 12 minutes en deuxième mi-temps, la réduction de Vordemwald a semé le doute. Le nombreux public l’a compris et s’est mis d’une seule voix à soutenir les siens au rythme des tambours. Le 3-1 signé Ricaille sur penalty a provoqué une explosion de joie libératrice. Au coup de sifflet final, les Montreusiens sont tombés dans les bras les uns des autres et des larmes ont coulé.

Pour le public, le club et les jeunes!

«C’était un match intense. Vordemwald nous a posé beaucoup de problèmes. Il y a eu du suspense et c’est tant mieux», relevait à la fin de la rencontre Ronan Ricaille. À 33 ans, le Breton, ex-joueur de Quévert, l’un des meilleurs clubs français, a rejoint Montreux cette saison, séduit par ce nouveau défi. Et il ne le regrette nullement. «J’ai été engagé pour monter et aujourd’hui, c’est fait. J’ai pris beaucoup de plaisir.» 

Tout au long du match, à ses côtés, Rui Cova a montré qu’à 42 ans, il était encore au top, crocheur, infatigable. Le week-end précédent, il avait signé un triplé en Argovie. Électricien de formation, il a décidé de ranger ses patins pour des raisons familiales. «J’ai un petit garçon de deux ans et demi et j’ai envie de le voir grandir. D’ailleurs, il patine déjà!»

Cette promotion fait aussi le bonheur du président. «Malgré les échecs, on est toujours repartis de l’avant. Ce retour en LNA est important pour le public, le club et surtout pour nos jeunes», s’exclamait Thomas Rinsoz. Le Montreux HC compte dans ses rangs une cinquantaine de juniors et samedi, 6 joueurs sur 10 étaient issus de sa formation, dont Maxime Duvoisin (26 ans). «C’est mon grand-père, déjà joueur à Montreux, qui m’a transmis le virus. J’ai commencé à 8 ans et je n’ai plus arrêté, soulignait-il, sans oublier de féliciter son entraîneur-joueur. «Rui a toujours su élever la voix quand il le fallait et rigoler dans les bons moments. C’est une très grosse perte, mais on sait qu’on va le recroiser ici».