
Davide Autieri (à g.) et Cédric Liardet incarnent un duo de musiciens italiens au charme désuet qui veulent retrouver leur gloire d’antan. | G. Perret
Peut-on vivre de son art, quel que soit l’endroit? C’est l’une des réflexions au centre de «Sessanta Spritz», la nouvelle création musicale de la Cie Comiqu’Opéra. Son spectacle débarque sur la Riviera du 28 au 30 août pour plonger le public dans un voyage roboratif au cœur de l’Italie des années 1960. Ses deux personnages ringards-chics feront revivre les meilleurs tubes rétro de pop italienne. Le tout en live.
Davide Autieri (écriture, jeu, chant) et Cédric Liardet (jeu, piano), incarnent Davide et Mattia, deux musiciens qui souhaitent relancer leur carrière. En pleine tournée dans les stations balnéaires de la Riviera italienne, le binôme s’installe dans un bar de plage pour donner un concert. L’occasion de rendre hommage à de nombreux classiques tels que «Sarà perché ti amo» de Ricchi e Poveri, «Felicità» d’Al Bano et Romina Power, ou encore «L’italiano» de Toto Cutugno, dont les paroles «Lasciatemi cantare…» sont devenues culte. Face à ces reprises vibrantes, difficile pour le public de rester coi. Ça tombe bien, il est invité à chanter lui aussi.
«C’est un spectacle qui parle beaucoup à la communauté italienne, mais où tout le monde s’y retrouve, parce que ces tubes ont traversé les frontières de l’Italie», relève Leana Durney, qui signe la mise en scène avec Simon Romang, ainsi que le texte avec Davide Autieri.
Rêve de grandeur
Derrière l’aspect festif de cette création collective se loge une réelle réflexion. «Qu’est-que c’est, la carrière d’un chanteur? Et la gloire, est-ce forcément jouer sur les plus grandes scènes? Toute l’écriture du spectacle est partie de ces questionnements. Ensuite, il s’est construit par briques d’improvisation», explique Leana Durney.
Sur les planches, les deux membres du groupe «Sessanta Spritz» incarnent ce rêve de grandeur et de réussite, alternant habilement humour et profondeur. Épris d’une nostalgie teintée d’autodérision, au sein d’un décor où trône un téléviseur typique des bars de plage italiens désuets – «qui parfois s’allume et propose des choses un peu farfelues» – le duo de musiciens n’hésite pas à partager des anecdotes croustillantes. «Il y a des choses autobiographiques, mais aussi des choses fausses. Et puis certains moments plus intimes contrebalancent avec la grandiloquence du personnage de Davide, le chanteur», sourit la metteure en scène. Dans une ambiance joyeuse à l’esthétique mi classe mi has-been, «Sessanta Spritz» s’inscrit comme une ode au goût des choses simples.
www.theatre-tmr.ch/sessanta-spritz
«Sessanta Spritz», du 28 au 30 août, Théâtre Montreux Riviera, rue du Pont 32.
