
Sur le toit du Nonanteneuf Hôtel, la dernière soirée de Move to the sound, organisée à la mi-juin, a réuni des dizaines de jeunes. | G. Poli
Les basses résonnent déjà sur le toit du Nonanteneuf Hôtel quand les premiers participants commencent à arriver sur son rooftop. En ce deuxième jeudi du mois de juin, on retrouve derrière les platines deux DJs et une poignée de bénévoles qui se déhanchent sur un rythme de house music.
Sur la terrasse de l’établissement, ce sont principalement des jeunes qui profitent de ce set avec vue sur le Grammont et le Léman. Entre deux sons, on entend résonner toute une palette d’accents, d’ici, mais aussi d’ailleurs, ces soirées étant cosmopolites. «C’est déjà la deuxième fois que je viens à un de leurs événements, c’est tout simplement génial!», se réjouit une jeune fille en attendant son verre.
Organisée par l’association Move to the sound, cette soirée leur est avant tout dédiée. Depuis 2017, ses membres les montent de toutes pièces pour leur donner accès à ce style de musique, souvent hors boîtes de nuit ou bars. Autre objectif de la structure: offrir l’opportunité aux jeunes DJs (ou peu expérimentés) de se produire devant une audience.
Des hauts et des bas
L’origine de ce projet? Un groupe d’amis âgés de 20 à 24 ans qui s’est lancé en 2017. «Je m’ennuyais sur les bancs de l’école et beaucoup de mes potes faisaient de la musique sans forcément se produire sur scène, souligne son fondateur, Matteo Negro. J’ai donc décidé de me bouger pour eux en organisant ces soirées.»
Petit à petit, Move to the sound se fait un nom: Fête des Vignerons, MAD Club, Vème, les mandats se succèdent, devenant même des tremplins pour les jeunes DJs qui s’y produisent. Ils ont ainsi pu performer aux côtés de célébrités, comme le Français Bob Sinclar ou les Italiens de Meduza.
Mais la pandémie de Covid vient briser cet élan. «Il a fallu tout recommencer depuis zéro… déplore Matteo Negro, heureusement après quelques années, on a réussi à se retourner.» Move to the sound se voit par exemple intégrée à la programmation de la deuxième édition du Vibiscum Festival. Y jouaient notamment un certain DJ Snake ou encore Vladimir Cauchemar. De quoi vivre un rêve éveillé.
Puis, second coup du sort, avec la faillite du festival. «À ce moment, soit on laissait tout tomber, soit on redoublait d’efforts pour poursuivre notre développement», poursuit le fondateur. Sûre de tenir un «bon filon», l’association choisit finalement la deuxième variante et organisera désormais elle-même ses propres événements, idéalement dans des endroits insolites.
Sous les voiles latines de La Demoiselle
Et des lieux insolites, il n’en manque pas dans la région: du Château de La Tour-de-Peilz à la Grenette de Vevey, sans oublier les domaines privés comme la terrasse de la famille Neyroud-Fonjallaz à Chardonne. Tous ces endroits ont accueilli des soirées labellisées Move to the sound.
La plus originale selon Matteo Negro? «Probablement celle que nous avons organisée l’été dernier sur le bâteau La Demoiselle, en plein milieu du Léman. Le cadre était magique!» Et des surprises, en réserve-t-il pour la suite? «Certainement! Notre collectif ne cesse de se réinventer pour continuer à séduire un public qui est de plus en plus nombreux.» Nous n’en saurons pas plus pour l’instant. Une surprise reste une surprise!
